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 [Libre] Premier commandement « Tu ne braconneras point »

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Arbalastre

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MessageSujet: [Libre] Premier commandement « Tu ne braconneras point »   Jeu 9 Oct - 9:13

En bordure du bois connu comme étant la Sylve cauchemardesque rôdait un groupe de maraudeurs aux intentions manifestement suspectes. Composé d’une quinzaine de membres, cette criminelle compagnie arborait une complète collection d’armes à une ou deux mains, du coutelas à la pique, en sus de laquelle l’on pouvait dénombrer quelques ustensiles plus rarement usités, incluant des arbalètes à répétition et des filets grêlés de plombs.

Montés sur des hongres – des simulacres de chevaux châtrés afin de leur faire atteindre une taille supérieure à la moyenne de l’espèce – les Damnés portaient des vêtements sobres, taillés dans du cuir bouilli et n’affichant que des couleurs proches de celles des bois. Plusieurs plaques de métal protégeaient leurs points vitaux et l’extrémité de leurs bras et de leurs jambes.

Un élément surprenant résidait dans leurs mines d’apparence concentrées. Loin d’être une horde braillarde ou une équipée en déroute d’une bataille ayant mal tourné, ce petit groupe cheminait en bon ordre, chacun semblant conscient de son rôle dans leur expédition et de sa position dans le convoi.

L’un d’entre eux, parmi le groupe de tête, immobilisa sa monture et huma l’air d’un air inquiet. A ce signal, ses voisins libérèrent les rênes de leurs montures et armèrent leurs arbalètes.

« Pointes à têtes barbelées et rivetées » commanda l’un des meneurs.

« Nous venons chercher des reproducteurs, alors n’hésitez pas à forcer les blessures, qu’il n’ait plus d’usage au combat importe peu tant qu’il peut encore se servir de sa …  » compléta un autre en guise de réponse, alors qu’un terrible mugissement retentissait dans les bois et couvrait la fin de cette phrase.

A la suite de cette inattendue vindicte, une silhouette sans forme bondit d’entre deux arbres aux feuilles avares. Renversant une monture de tout son poids, la créature fourailla de ses griffes les entrailles de l’animal et d’un mouvement retors de la mâchoire, arracha une portion complète de sa gorge. Alors même que les autres cavaliers, décontenancés peut-être mais point en déroute, braquaient leurs arbalètes en direction du monstre, ce dernier ne gîta point et ne relâcha  pas sa prise.

Était-il bête au point de ne pas comprendre ce qu’était une pointe de métal de trois pouces de long ou était-il d’un tempérament si sauvage et monstrueux que l’instinct de mort outrepassait dans ses priorités son instinct de survie. Ces interrogations ne durèrent qu’un instant, rompues par le bruit de courroies tendues à l’extrême relâchant leurs traits mortels. De douleur, la bête glapit un instant, jusqu’à ce qu’un trait particulier, tiré d’une arbalète à l’allure funeste, ne transperce une des pattes de l’animal de part en part. Le carreau d’arbalète, fourni d’une tête barbelée à l’avant et d’un filin métallique à l’arrière, refusa d’émerger de la blessure malgré les mouvements véhéments du monstre.

Deux damnés tirèrent en arrière sur le filin et l’enroulèrent autour d’un tronc afin de lui donner plus d’assisse pendant que les piquiers, à grands renforts de leurs lances renforcées, tentaient de maintenir la bête en place. Les cris d’efforts se confrontaient aux hurlements de rage du monstre, jusqu’à ce qu’un filet tressé de métal et lesté de plomb soit jeté sur son dos. Le souffle coupé, la mâchoire se refermant sur cet ennemi inanimé, le monstre  finit par se retrouver le souffle court.

Arbalastre rendit son arbalète à l’un de ses servants et s’empara d’une petite fiole de verre au sein de laquelle deux formes furieuses battaient l’air avec véhémence.

« Éloignez-vous » ordonna-t-il d’une voix plate et pourtant sonore.

Projetée avec soin sous la bête, le verre se brisa, relâchant deux guêpes rendues furieuses par la captivité. Ces dernières, avec la fureur propre aux insectes, libérèrent leur venin sur la première cible qu’ils trouvèrent puis, une fois leur odieuse piqûre dispensée, s’enfuirent à travers bois trouver d’autres coupables victimes.

Ce faisant, le venin figea les poumons de la bête laquelle, peu de temps après, gita sur le côté et s’effondra, le souffle court.

Arbalastre observa le colosse d’un air impavide.

« Nous l’emportons » ordonna-t-il sèchement.
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Le Marchand Gris
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MessageSujet: Re: [Libre] Premier commandement « Tu ne braconneras point »   Mar 28 Oct - 16:22

La Sylve Cauchemardesque est assurément l'un des cercles infernaux fourmillant le plus de vie, c'est d'ailleurs pour cela que tant de gens y ont élu domicile. Que ce soit la colonie de Roanoke profitant de la terre fertile pour lever des cultures ou bien l'Archidémon Agamand qui utilise les bois comme terrain de chasse pour entraîner ses guerriers et ses chiens. Quoiqu'il en soit, tous savent que de nombreuses bêtes encore inconnues y résident, sans parler des communautés de satyres et d'arbres hantés.

Arbalastre aurait sûrement dû se rendre au plus profond de la Sylve, le plus loin possible de l'escalier pour trouver les prédateurs les plus imposants. Mais les choses avaient changé récemment avec l'arrivée des abyssaux. De nombreuses bêtes avaient fuies, colonisé de nouveaux milieux. L'équilibre naturel de la Sylve était en changement, ce qui se traduisait bien généralement par un nombre grandissant de carcasses et de charognes dans la forêt. C'est d'ailleurs ce qui attendait les braconniers lorsque la dépouille éventrée d'un chevreau leur fit fasse, au milieu de ce qui se faisait de mieux comme sentier en ces lieux. Les chevreaux étaient des abyssaux qui s'étaient adaptés à une vitesse hallucinante au milieu forestier. Qui aurait pu dire qu'ils émergeaient tous d'un océan avec leurs sabots.

Quelques loups se tenaient sur la carcasse. Ils retroussèrent leurs babines mais étaient d'un bien maigre intérêt pour le damné. Ils n'étaient pas si différents que leurs cousins terrestres, bien que plus massifs et dotés d'extrémités osseuses. Rien de suffisant toutefois pour exciter les désirs de maître reproducteur du démiurge, c'était certain. Par contre, à qui appartenait cette main gigantesque ?

S'échappant d'entre deux arbres, l'appendice se saisit de l'un des hongres, sans ses soucier de son cavalier. Une gueule aveugle et surmontant un corps haut de plusieurs mètres englouti la tête du cheval sans sourciller. Cette créature était inédite, son corps collait parfaitement aux troncs de la Sylve pour un camouflage exemplaire, et elle possédait une allure vaguement anthropomorphe. Toutefois, son absence d'yeux, tout comme son allure générale laissait une chose certaine : cette créature était proche des chevreaux.

Le géant sylvestre continuait de dévorer son repas, sans se soucier des damnés et des autres montures. Pour le moment du moins. En tout cas, Arbalastre pouvait être le premier à découvrir une toute nouvelle espèce d'abyssaux...


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Arbalastre

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MessageSujet: Re: [Libre] Premier commandement « Tu ne braconneras point »   Jeu 30 Oct - 10:43

De l’avis de tous – hormis ceux étant morts durant l’expédition – l’actuelle campagne au sein de la Sylve était plutôt satisfaisante. Peu de Damnés avaient été détruits durant l’expédition et de nombreux spécimens de basse engeance capturés au fil des rencontres. En ce sens, déjà, cette campagne pouvait se déclarer concluante.

L’insatiable appétit du Démiurge ne pouvait toutefois s’estimer en l’état satisfait. Certes captures et chasses permettaient de compléter le panel de créatures en capacité d’accouplement mais l’essence même de ce type d’épopée ne résidait pas seulement dans une basse entreprise mercantile ; même s’il ne fallait pas négliger ce point.

« Messier » conjectura avec difficulté l’un des servants du Démiurge. Le mot, tiré d’une mâchoire cabossée par une ancienne et brutale rencontre, se trouvait prononcé avec des consonances si gutturales qu’il trouva immédiatement l’attention de son destinataire.

Sans mot dire, Arbalastre délaissa la charogne qu’il était en train d’étudier.  Avec un grand soin, il remisa temporairement la lame effilée lui faisant office de scalpel auprès d’un assistant à la mine sévère et fermée. Ce dernier, récemment capturé dans les couches hautes des enfers, reçut le train sans émotion aucune et s’écarta de lui-même pour nettoyer l’ustensile et débarrasser la table d’examen des restes qui la garnissaient.

« Une … Chose ; Messier. A seulement quelques centaines de pas du campement » précisa le Damné au corps malmené par de multiples conflits.

« Étonnante assertion » se troubla Arbalastre en retirant ses gants maculés de fluides corporels.

« Les limiers n’ont pas détecté sa présence ; c’est étrange » nota le seigneur Damné tout en repoussant le voile obturant la sortie de la tente d’où il pratiquait l’examen des corps récoltés dans la Sylve.  

« La taille ? » s’enquit-il à l’intention du servant.

« Colossale, seigneur. Une forme atypique, à l’image de nombres de créatures que nous avons croisés récemment dans les bois… mais de taille colossale » lui retourna son accompagnant.

« D’autres attributs notables ? » s’enquit-il tout en envoyant un de ses séides donner le signal du départ.

« Colossal, Messier » reprit le servant d’un ton sinistre.

X X X

Perché sur sa monture, le Démiurge notait les précieux détails qui lui permettraient peut-être d’affiner sa stratégie. Au premier abord le premier aspect remarquable tenait dans l’excellente adaptation de la créature à son nouveau milieu naturel. Arbres et branchages habillaient une grande part de son être et en position allongée, ou recroquevillée, l’illusion devait être parfaite. Mais de là à conclure que la monstruosité mêlait des éléments relavant du règne animal et végétal ; il était un pas à ne pas franchir. Tant qu’elles n’auraient pas été examinées de plus près la véritable nature de ces excroissances ne saurait être certifiée. Contre une entité relevant du règne végétal, le Démiurge aurait commandé l’usage du feu. En cas de nécessité toutefois, il commanda la préparation de la poix et de feux grégeois.  

L’absence d’œil ne surprenait guère outre-mesure le Démiurge ; nombre de créatures se passant allègrement de ce sens pour évoluer dans leur milieu naturel. A dire vrai, la vision était souvent trompeuse et portée par des organes mous, propres à recevoir des blessures si ce n’est mortelle, tout du moins incapacitantes. Le fait que les limiers n’aient pas détecté la présence de ce monstre malgré sa masse intéressait bien plus le Démiurge qui identifia là une caractéristique tout à fait particulière. Ce faisant, la bête avait pu tromper l’odorat des limiers et savait affecter une immobilité si parfaite que ses mouvements n’avaient alerté aucun des veneurs passant à sa proximité.

Par ailleurs, ceci attribuait à la bête une forme d’intelligence passant outre celle usuellement attribuée aux Chevreaux et une maîtrise de soi bien supérieure à l’agressivité habituellement constatée auprès de cette nouvelle espèce sortie d’on ne sait où.

« Peut-être pourrions-nous tenter de communiquer ? » se demandait Arbalastre tout en observant la créature. Cette dernière boulottait encore quelques restes d’une des montures de l’un de ses groupes d’exploration ; quoique il faille bientôt lui en fournir une seconde au vu de l’appétit de la bête. D’un mouvement silencieux, le Démiurge déploya ses damnés en demi-cercle et non en un cercle complet. En cas d’affrontement avec une espèce inconnue, l’expérience lui avait enseigné qu’il était préférable de laisser une voie de fuite à la proie. Soit cette dernière se révélait trop forte pour le groupe de chasse et l’écrasait sur place ; soit elle pouvait tenter de fuir par l’ouverture laissée apparente. Une créature en fuite pouvait par la suite être traquée, son repaire identifié et son éventuelle progéniture capturée. Ceci étant largement préférable à une bête acculée n’ayant plus rien à perdre en un affrontement désespéré.

Considérant ses options, Arbalastre fit armer les poches à feu grégeois et garnir les arbalètes de têtes creuses à acides. Les filins et pièges usuels n’auraient que peu d’effet devant la masse écrasante de la cible et l’éventail de créatures que le Démiurge avait fait venir des Mille Venelles jusqu’à la Sylve était trop restreint pour qu’il puisse baser sa stratégie sur ses vermines et autres conjurés.

Plaçant la main sur la hampe de sa lance, Arbalastre considéra que le cavalier du Hongre dévoré n’avait pas été inquiété ; ce qui en l’occurrence était certainement l’élément le plus surprenant entre tous.

« Faites conduire une autre monture à cette … créature » ordonna-t-il à l’un de ses subordonnés. Ce dernier fit absorber au Hongre une substance apaisante afin que l’animal ne se rebiffe pas à l’ultime instant et l’orienta vers l’Abyssal.

Au même instant, Arbalastre déploya l’Emprise sur les lieux et ce faisant, intensifia sa présence sur la scène, devenant par là même un point remarquable dans le décor jusque-là uniforme de la Sylve. Sondant les réactions de l’entité lui faisant face, il dévoila son existence à ce dernier, pendant que le cheval, offert en guise de tribut ou d’invitation, avancé d’un regard à la volonté morte vers l’ogre abyssal.
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Le Marchand Gris
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MessageSujet: Re: [Libre] Premier commandement « Tu ne braconneras point »   Sam 8 Nov - 17:48

L'abyssal était en train de dévorer tout ce qui restait du premier cheval. le sang dégoulinait le long de ses dents et un tas de viscères s'était formé à ses pieds. La créature ne prêtait aucune attention aux humains et démons qui l'entouraient, formant leur fameux demi-cercle. Elle ne se sentait clairement pas menacée, ce qui était pour le moins surprenant. Les chevreaux ne fuyaient que rarement, mais ils avaient pour eux l'avantage du nombre, alors que la créature qui se trouvait là était seule. Tout du moins en apparence. Peut-être que son allure anthropomorphe suggérait une intelligence supérieure, mais son flegme indiquait le contraire.

Finalement, elle se retourna une fois son repas terminé. Aussitôt la main monstrueuse se saisit du nouveau cheval que l'on venait de lui présenter. Une créature docile apparemment, tout du moins tant qu'elle se trouvait dans les bois et qu'on lui offrait de pauvres animaux innocents en pâture. Toutefois, malgré les calmants, le hongre émit un hurlement plaintif tandis que l'abyssal lui arrachait la tête comme au précédent.

Il engloutissait toujours des monceaux de viandes lorsque sa tête se tourna vers Arbalastre. L'abyssal n'était pas insensible aux capacités du démiurge apparemment. Il s'arrêta un instant de manger, et s'il avait des yeux, ils auraient sûrement dévisagé le damné. Il n'y eut pas de grognement, ou de mots, seulement ce silence lourd et pesant qui constituait l'utilité morbide des abyssaux. Le monstre se redressa un instant, toisant de toute sa taille le nouveau venu. Les imitations de branches au sommet de son crâne s'agitèrent un instant. Faisait-il preuve de curiosité ?

Quoiqu'il en soit, l'instinct semblait venir le frapper. Il englouti le reste de l'équidé et tendit ensuite sa main en direction d'Arbalastre, après tout il était la proie la plus visible de l'entourage de la créature. Le démiurge était le prochain au menu...
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