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 Des érudits, les connaissances fusent.

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Pasiphaé

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MessageSujet: Des érudits, les connaissances fusent.   Ven 18 Juil - 14:58


Les escaliers étaient à portée de vue des deux femmes et ce qu'elles observaient ne leur plaisaient pas, à l'une comme à l'autre. La Manticore fouettait l'air de sa queue de scorpion, piquant par jeu les quelques malheureux. Ceux-ci finissaient contre le sol, se tordant de douleurs, leur corps pétris par le venin de la créature. Dédain n'empêcha pas son familier de s'amuser avec les fuyards, n'appréciant pas ce que cette masse signifiait. Si tout le peuple des enfers en faisait autant, sans tenir tête aux créatures, alors, le monde souterrain ne serait plus qu'une jungle où les monstruosités du dieu originel se nourriraient de tout ce qui constituait la civilisation des enfers. Toutes ambitions d'émancipation ou de rêves d’ascension seraient anéanties.

Les deux complices descendirent les marches sans une once de précipitation. De l'extérieur, on eut presque dit qu'elles avançaient au ralenti tellement les rescapés allaient vite. Chacune regardait droit devant et étaient déjà rendues à leur destination, du moins en pensée. Cependant, elles mirent bien du temps pour atteindre la fameuse école fondée par Satan. Ce dernier l'avait placé en plein centre d'un lac, entouré de marécages où traînaient des zombies décérébrés et avides de chairs fraîches. Fort heureusement pour les voyageuses, elles ne craignaient pas ces créatures du tout, habituées l'une et l'autre à leur voisinage. Le labyrinthe ne les tolérait pas et les dévorait, mais autour, ils grouillaient, pire que des insectes. La manticore ne dévorait pas ces êtres putrides, elle leur tranchait la tête de son dard, de ses griffes, de ses crocs... tout comme Dédain de sa lance. Pasiphaé quant à elle les carbonisait allègrement.

Le petit groupe arriva enfin au guet. On pouvait traverser le lac grâce au seul et unique pont qui l'enjambait. Tranquillement, le duo et son familier s'engagèrent sur la voie qui les menèrent rapidement à la grande porte de la Scholomance. C'était un grand château, aux tours pointant glorieusement vers le ciel comme pour le narguer, même si désormais, elles ne pouvaient plus le faire comme jadis. La pierre était sombre et austère, tout autant que l'architecture. Il y avait une sorte de mise en garde implicite dans cet ensemble, comme pour souffler que tous n'étaient pas tolérés en ces murs-là. On était face à l'école fondée par le maître des enfers ! Là, où parfois, Satan donnait des cours à ces créatures. Mais les autres professeurs n'avaient rien à envier au créateur, eux aussi étaient des pointures dans leur domaine.

Au seuil de la porte, flanquée de deux gargouilles, tout ce petit monde s'arrêta. Il était inutile de se manifester d'avantage, car tous les habitants les savaient déjà sur place. Peut-être même qu'ils savaient qui étaient devant leur seuil. Respectueusement, les deux comparses attendirent qu'on daigne leur ouvrir.
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Ninum

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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Lun 11 Aoû - 22:46


Enfin la Scholomance était en vue.

Ninum s'arrêta un instant, s'écartant de la route boueuse et piétinée par d'innombrables pieds, sabots et autres membres. Le flot ne cessait de progresser, les têtes se tournant vers lui, l'un des rares à braver la rivière des exilés.

Le démon rajusta ses étranges binocles sur son museau et passa par réflexe la langue sur ses crocs, s'autorisant une pause pour reprendre ses forces. Fort heureusement, le nombre important de voyageurs sur la route limitait les risques d'attaque des morts : de nombreux fuyards passaient leurs nerfs sur les groupes d'êtres décharnés. Ninum n'avait dû en tuer qu'une petite dizaine pour avoir la paix. Sa lance, qu'il tenait fermement en guise de bâton de marche, était tâchée d'un ichor brun dont la puanteur arrivait presque à occulter la senteur fermentée des marais.

Il avait quitté Ys depuis un moment. Sa tâche l'avait guidé vers les escaliers qu'il avait emprunté sans s'arrêter. Il savait très bien où il allait et ne se risqua pas à s'arrêter au brasier, ni à se perdre dans le Pandaemonieum. Dans la bibliothèque d'Orscilla, il avait lu un nom, un nom qui avait attisé sa curiosité.

Scholomance. Repaire de sombres savoirs et arts noirs. C'était comme si ce lieu avait été créé pour lui.

Et maintenant, il pouvait en percevoir la silhouette, depuis le bord de ce chemin. Les remparts noirs dressés dans une verticalité parfaite, tranchant avec les angles brisés ou arrondis de ce lieu puant et humide. Il était arrivé.

Le démon reprit son chemin, marchand en périphérie de la foule opaque. L'événement était impressionnant, et Ninum commençait à saisir l'importance des ragots qu'ils avaient entendus dans les villages au bord des escaliers. Apparemment, plus bas, des abyssaux remontaient. L'Archiviste ne put réprimer un frisson tandis que sa lance s'enfonçait dans la boue avec des bruits grotesques. L'affaire était sérieuse et dangereuse. Cela pouvait signifier la fin d'un âge. Il avait suffisamment lu d'ouvrages parlant des anciens temps pour comprendre qu'il faudrait bien plus que quelques démons pour agir. Il faudrait une armée... Ou même plusieurs armées afin de lutter contre cette invasion souterraine !

Lui-même aurait tourné les talons comme les autres si sa passion du savoir n'avait pas été si dévorante. La Scholomance était un phare dans les ténèbres, un bastion contre l'ignorance. Une merveille à protéger. Rien que d'imaginer des abyssaux abattre les murs et précipiter dans les marais et l'oubli toute cette connaissance... Il frissonna une deuxième fois et secoua ses lourdes épaules dans un grognement.

L'endroit ne tomberait pas, pas avant qu'il ait lu le moindre petit parchemin de ces lieux. Cette pensée lui redonna force et il pressa le pas, bousculant les damnés les plus faibles et évitant soigneusement les démons à l'aspect dangereux.

Le pont accueillit le rythme de sa hampe, tandis que sous le verre, les yeux orangés s'abreuvaient de la vue. Sa main libre caressa doucement la couverture du kappisaga, accroché contre sa taille. Il crut même percevoir quelques chuchotements aux tons enjoués et excités glisser entre les pages pour remonter jusqu'à ses oreilles. Le voyageur avala sa salive et manqua de basculer complètement la tête en arrière pour percevoir le haut des murs de pierre sombre. Il était si proche. Il ne lui restait plus qu'à franchir l'immense poterne.

Son regard fut alors attiré par trois silhouettes. Deux étaient humanoïdes, tandis que la dernière était plus basse, plus féline. D'autres curieux ? Un comité d'accueil ? Ils étaient tournés vers la porte, ce qui laissait plus de chance à la première hypothèse. Il s'agissait de deux femelles, bien que les apparences pouvaient être trompeuses... Et la dernière créature devait être une wyverne... Ou bien une manticore...?

Le démon s'approcha, ne faisant aucun effort pour masquer son approche. Il ne servait à rien de créer de la suspicion en surgissant tel un spectre... Il y en avait déjà assez dans la région d'ailleurs ! De plus, le nombre ne jouait guère en sa faveur, aussi espérait-il éviter toute confrontation. Mourir si près du but, cela aurait été un comble.

Lorsqu'il fut suffisamment proche, à une distance respectable ne violant pas l'espace personnel du groupe d'inconnus et lui permettant d'augmenter ses chances de fuite, il se stoppa et posa ses deux mains sur sa lance, s'y appuyant en la rapprochant de son corps. Ses binocles attrapèrent la lumière d'un champignon luminescent proche et luirent l'espace d'un instant, avant de renvoyer la couleur si forte de ses yeux.

"Salutations. Je me nomme Ninum. Je ne cherche pas querelle et j'espère ne pas vous troubler en apparaissant ainsi."

Son étrange voix porta jusqu'au trio. Le timbre était d'un grave clair, possédant d'étranges notes enjouées, les syllabes étaient parfois cassées et l'on sentait là une diction et des mots maîtrisés. Sa voix pouvait rappeler celles des conteurs ou des bardes anciens, elle possédait une personnalité qui pouvait passer pour plaisante.

"J'ai longuement voyagé pour parvenir jusqu'à la Scholomance, afin d'y étudier certaines connaissances. Êtes-vous aussi là pour y pénétrer ?"

Son museau se déforma dans un sourire étrange, sa mâchoire prognathe n'aidant pas à lui donner une expression franche. Le démon se prépara au pire, prêt à tourner les talons pour repasser le pont à tout allure au moindre signe hostile. Cela se voyait sans doute.
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Le Marchand Gris
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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Jeu 14 Aoû - 16:36


Les grilles de la Scholomance s’ouvrirent lentement, dans un grincement insupportable. Il était vrai que les gens n’étaient pas très nombreux à s’y présenter ces derniers temps. Peut-être que les cadavres des nombreux étudiants qui échouaient à l’apprentissage des arts sombres et qui gisaient dans les profondeurs du lac, nourrissant certaines créatures écailleuses, avait quelque chose de rédhibitoire.

Tous purent s’avancer jusque dans la première cour de l’école. Des piliers de pierre faisaient le tour d’une espèce de forum où poussaient une herbe sombre et quelques arbres malingres. Une silhouette s’avança calmement. C’était un mort-vivant, et aux vues de la signature magique qu’il dégageait, ce n’était pas juste un cadavre réanimé, mais probablement une liche, un nécromancien suffisamment puissant pour vaincre la mort elle-même. Ses orbites vides se posèrent sur chacun des individus. Clairement, il ne semblait pas très heureux de voir tout ce beau monde se ramener aux portes de son établissement.

- Je suis le professeur Herbert Weiss, expert en nécromancie, et je suppose que vous n’êtes pas ici en tant qu’élèves mais que parasites impromptus.

Il eut un reniflement dédaigneux.

- Je suppose que vous êtes venus supplier les grands sorciers de la Scholomance de vous protéger contre les abyssaux ? Comme cette ange déchue qui a cru que nous irions briser le siège de la citadelle des Epines.

Il soupira. Depuis les fenêtres du bâtiment, plusieurs élèves étaient en train d’observer les intrus. Généralement, quand on entrait dans la Scholomance, on y passait un temps certain. En effet les enseignants ne laissaient que rarement le fruit de leur travail quitter leurs murs. Ils étaient avides de connaissances et peu enclins à la partager. Nombreux étaient ceux qui ne quittaient les lieux que les pieds devants. Le regard de la liche s’attarda un instant sur le livre que portait Ninum, avant de passer à la manticore Dédain.

- Je tiens à vous informer dès maintenant que cette bête pénètrera pas plus profondément dans l’enceinte de l’école. Les animaux de compagnies des étudiants sont limités à des animaux de petite taille ou bien à des esclaves humains. Maintenant, énoncez vos noms ainsi que la raison de votre venue que j’en finisse avec cette perte de temps monumentale.
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Pasiphaé

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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Dim 17 Aoû - 9:28

Les deux femmes savaient que les portes ne s'ouvriraient pas sans que quelques réflexions préalables ne le permettent. L'atmosphère était à l'exode, les fuyards et les désespérés étaient légion et la Scholomance n'était pas un lieu d'asile bienveillant. Cependant, qu'il s'agisse de la chasseresse ou de la magicienne, ni l'une ni l'autre ne perdit son visage impassible ou sa patience.

La fidèle manticore fouettait l'air et humait soigneusement autour d'elle, les naseaux se contractaient et se relâchaient, signe que la créature infernale, bien que d'allure "paisible", s'attendait à peu près à tout. Un petit grognement de celle-ci signala à sa maîtresse l'arrivée d'un nouveau venu. Connaissant son familier, la semi-elfe tourna la tête, regardant pas dessus son épaule pour voir de quoi il s'agissait. Le regard froid et direct de Dédain glissa rapidement et sans ambages sur la silhouette bipède. Elle ne faisait qu'évaluer brièvement s'il était nécessaire de planter ou non l'inconnu. Sa motivation quant à cet acte n'était le fruit que de deux raisons : mépris des fuyard ou détermination à se débarrasser des obstacles.

Le démon s'approcha tranquillement et sans la moindre discrétion suspecte, s'appuyant sur une lance comme s'il portait un fardeau lourd et encombrant. Cependant, son allure plutôt trapue et clairement bestiale, sous-entendait qu'il n'était pas question de rhumatisme ou de faiblesse dans cette cambrure. Avait-elle affaire à l'un de ses loups-garous dont-on lui avait parlé entre deux parties de chasses? Sans doute. Peut-être. Était-ce bien le moment de se questionner sur cet être qui s'arrêta à distance respectable et qui n'éveillait pas la méfiance de la manticore outre-mesure? Celle-ci l'avait à l’œil après tout, inutile de s'ennuyer avec ou de prévenir Pasiphaé, s'il se contentait d'attendre gentiment derrière. Cela dit, il salua le groupe, attirant l'attention de la dernière à ne pas y avoir porté d'intérêt.


"Salutations. Je me nomme Ninum. Je ne cherche pas querelle et j'espère ne pas vous troubler en apparaissant ainsi."

La magicienne se retourna, sa main droite sur la hanche et l'autre main le long du corps. Aucune expression ne venait indiquer la moindre émotion ou réflexion. Seule sa voie laissait percer une sorte d'ennui.

"Je vous rend votre salut. Je suis Pasiphaé et voici ma compagne Dédain. Vous ne gênez nullement, vous êtes encore vivant pour parler après tout. Que cherchez-vous devant ses portes alors que bien des êtres fuient vers les cercles supérieurs?"

"J'ai longuement voyagé pour parvenir jusqu'à la Scholomance, afin d'y étudier certaines connaissances. Êtes-vous aussi là pour y pénétrer ?"

Dédain avait fini par se retourner, faisant face à Ninum, la semi-elfe jouait distraitement avec sa lance, la faisant tourner sur elle-même. Autant l'expression de la magicienne semblait de marbre, autant celui de celle qu'elle avait identifié comme sa compagne semblait un rien amusée. Le silence de Pasiphaé suivi de ce qui s'assimilait à un sourire sur le museau, lui donna envie de lui rendre un sourire. Cependant, elle se retint, le mettre trop à l'aise n'était pas spécialement pertinent pour le moment. Pasiphaé rompit le vide qu'elle avait laissé s'installer et répondit à la question de façon précise et sans équivoque.

"Du sixième cercle à celui-ci, des abyssaux jaillissent alors qu'ils sont censés être prisonniers des glaces. Nous sommes ici pour demander aux érudits de la Scholomance quelques éclairages sur ses créatures et sur le moyen de les enfermer à nouveau dans leur cage."

La réponse de la magicienne ne sembla pas qu'intéresser le dernier venu, les portes de l'établissement s'ouvrirent alors. Mais était-ce pour ce qu'elle venait de dire ou à cause de ce Ninum? Le doute était permis et il était dur de savoir ce qui pouvait éveiller les êtres les plus "désintéressés" des enfers... Après tout, à part leurs recherches obscures de savoirs, les érudits, bien que des êtres d'une force incommensurables dédaignaient les jeux de pouvoirs du monde souterrain. Les deux femmes et la manticore n'apprécièrent pas le grincement des grilles, à la fois strident et inquiétant. Toutes furent bien aise quand ce gémissement cessa!
L'entré de l'école donnait le ton : celui d'un avertissement quant à la tonalité du séjour entre les murs. On y entrait certes, mais en ressortir serait autre chose.

Pasiphaé s'engagea sans regarder derrière elle alors que Dédain laissa son regard passer au travers des binocles du loup. L'orange des iris ne la perturbait pas vraiment car elle était déjà habituée à celle de son félin et blasée de toutes les couleurs que possédaient les yeux de toutes les créatures déjà rencontrées. La chasseresse ne put s'empêcher d'avoir un petit rictus au bord de sa lèvre droite avant de dire :

"Eh bien, bienvenue de l'antre de tous les savoirs."

Elle virevolta sur ses talons, suivie de près par son familier qui fouettait l'air nerveusement, le dard prêt à transpercer toute menace. Assez rapidement, le groupe arriva dans une vaste cour, entourée de pilier et agrémenter d'un espace "vert". Après tout en enfer... quoi de plus normale que ce spectacle. Une silhouette s'avança calmement vers eux. Dédain se tînt en retrait par rapport à Pasiphaé, grattouillant derrière l'oreille de sa manticore, tout en regardant l'être qui allait les accueillir.



La magicienne se composa une expression respectueuse, s'attelant à garder son calme et le plus de diplomatie possible. La silhouette qui peu à peu les rejoignait, était entourée d'une aura que Pasiphaé connaissait bien. Cette dernière émanait des morts-vivants intelligents, puissant mais rares qui commandaient aux décharné de corps et d'esprit qui pullulaient dans les marais. Il était dur de saisirent quoi que ce soit sur un visage pareil, si bien que les paroles prononcées par leur interlocuteur serait leur seul guide pour comprendre ce qu'il était possible d'espérer ou non.

"Je suis le professeur Herbert Weiss, expert en nécromancie, et je suppose que vous n’êtes pas ici en tant qu’élèves mais que parasites impromptus."

Pasiphaé ne broncha pas, sentant qu'il allait falloir essuyer encore quelques piques avant de songer à ouvrir la bouche...

"Je suppose que vous êtes venus supplier les grands sorciers de la Scholomance de vous protéger contre les abyssaux ? Comme cette ange déchue qui a cru que nous irions briser le siège de la citadelle des Épines."

Tiens donc, songea la magicienne, la forteresse d'Agamand serait en mauvaise posture? Cela pourrait s'avérer intéressant dans un proche avenir.

Dédain encaissa les remarques sans broncher, cependant, son pouce ne cessait de caresser la froideur du métal de sa lance. Les discussions et leurs subtilités ne lui plaisaient pas particulièrement. Son regard balaya soigneusement les environs, observant plusieurs élèves assez curieux. N'avaient-ils donc rien d'autre à faire ici?! En même temps, cet établissement provoquait bien des vocations mais peu d'élus y survivaient. La chasseresse se demanda un instant combien d'entre eux iraient grossir les rangs des cadavres des marais. Soudain, ses pensées furent stoppées nettes quand leur interlocuteur leur signifia que la manticore devrait rester là :

"Je tiens à vous informer dès maintenant que cette bête pénètrera pas plus profondément dans l’enceinte de l’école. Les animaux de compagnies des étudiants sont limités à des animaux de petite taille ou bien à des esclaves humains. Maintenant, énoncez vos noms ainsi que la raison de votre venue que j’en finisse avec cette perte de temps monumentale."

Enfin! La magicienne allait pouvoir ouvrir les lèvres sans commettre la moindre marque d’hostilité préjudiciable.

"Mon nom est Pasiphaé et voici ma compagne Dédain. Nous sommes venues demander des informations sur les abyssaux et le moyen de les ramener sous la glace. Cette dernière s'est considérablement amenuisée, ce qui a provoqué l'invasion du sixième et du cinquième cercle. Nous respectons votre choix de neutralité quant aux archidémons, cependant, nous espérons que vous donnerez les connaissances nécessaires pour comprendre cet ennemi et le remettre là où Satan les avaient confiné. Bien entendu, nous ne nous attendons pas à ce que vous nous cédiez quoique ce soit par bonté d'âme. Cependant, nous ne pensons pas exagérer quand nous avançons qu'il serait dans l'intérêt de la Scholomance d'endiguer le phénomène des chevreaux. Nulle ne vous demande de prendre un camps et de rompre votre neutralité, il est plus question d'intégrité du monde infernal que de la place de l'un des quatre. Pour être plus précise, nous dirons même que l'intégrité du quatrième cercle nous parait être fondamental avant de songer à remettre toutes ces charmantes créatures dans leur gangue de givre et de glace. Nous vous demandons des informations et non votre participation ou la protection de vos murs."
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Ninum

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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Dim 17 Aoû - 12:17

Pasiphaé. Pasiphaé...

Le démon se composa un visage bienveillant tandis que ce nom glissait dans son crâne pour chercher sa place dans la mémoire. Il avait lu ce nom quelque part, dans la bibliothèque d'Orscilla. Ninum tâcha de garder une oreille attentive à ce qui semblait être une damné. Son ton quelque peu hautain, son attitude et son apparence trahissaient une certaine dépendance au paraître, un trait que l'on retrouvait chez les nobles dans le monde des hommes.
Bien qu'involontairement (ou non) cassante à son égard. La dénommée Pasiphaé semblait répondre ouvertement à ses mots. Elle était là pour contrecarrer les plans des abyssaux, une sage chose qui démontrait un esprit bien équilibré et opportuniste : se liguer maintenant contre cette menace permettrait de survivre demain. De nombreux démons n'auraient jamais la présence d'esprit de mettre de côté leurs querelles pour faire face au drame. Son apparente distance n'aidait pas à percevoir toute l'urgence de la situation, Ninum ne le savait que trop bien, car il avait été le sujet de cette perception déformée.

C'est alors que dans un bruit qui amena Ninum à serrer les dents, les grilles s'actionnèrent, lentement. Il secoua machinalement la tête et laissa échapper un soupir lorsqu'enfin, les battants se firent muets à nouveau.
Le contentement face au silence fit rapidement place à un état d'excitation particulier pour le démon. La porte était maintenant ouverte. La porte de la Scholomance. L'archiviste tenta de contenir au mieux cet état et rangea sa lance dans son dos, la glissant entre deux lanières de cuir. Il n'était pas question d'avoir l'air menaçant et ainsi de se voir refuser l'entrée dans ce temple aux manuscrits.

"Eh bien, bienvenue de l'antre de tous les savoirs."

Enfin, l'archiviste accorda un certain regard à la compagne. Dédain. Était-ce d'ailleurs l'expression qu'il voyait sur son visage, ce sourire se voulait-il méprisant ? La créature semblait être de nature hybride, bien que Ninum ne parvienne guère à saisir de quelle union elle provenait. Sa manticore (oui, c'était bien une manticore, il pouvait le voir maintenant) et elle composaient en tous les cas un tableau dangereux, et le démon trouva sage de ne pas les fixer trop longuement. Sa curiosité quant à ses origines attendrait.

Voyant que celle qu'il décida de cataloguer comme damné pour le moment s'engageait à l'intérieur, et que sa compagne exotique suivait en compagnie de sa bête, Ninum leur emboîta le pas, conservant sa distance respectueuse le temps de passer les portes. Il fut saisi d'un délicieux frisson et ne put réprimer un râle discret d'extase. Tout se passait merveilleusement bien. Il était maintenant dans les murs de ce repaire du savoir.

Il parvint à son tour dans la cour. N'accordant qu'un distrait regard à la végétation pour élever son regard vers les bâtiments encerclant le forum. Il vit de nombreux visages, de nombreuses ethnies. Des élèves curieux. Les dangereux magiciens, sorciers, et nécromants de demain. Le démon se prit à souhaiter connaître un ou deux sorts, la magie était une chose merveilleuse et puissante. Pour autant, il ne les enviait pas : il venait tout juste de quitter les murs d'Ys et n'avait aucun souhait de rester enfermer ici afin de suivre des cours, aussi intéressants qu'ils puissent être.

Non. Il irait acquérir sa connaissance à la bibliothèque, pendant une année ou deux. C'était ainsi qu'il voyait les choses. Qu'était-ce donc qu'une année pour un démon ?

La silhouette squelettique attira son attention, et il se décida à dépasser Dédain et son familier pour venir se placer sur l'autre côté, légèrement en retrait de la damnée dont émanait une douce chaleur qui lui rappela sa vie d'humain au grand air. Celui qui venait à eux se présenta alors et Ninum reporta toute son attention sur lui.

Herbert Weiss. Nécromancien chevronné. Pour autant, Ninum douta qu'il occupa un poste administratif plus important que celui de professeur. Aucun dirigeant digne de ce nom n'aurait accueilli directement de parfaits inconnus. À moins que Pasiphaé ne soit pas une parfaite inconnue. Son nom se remit à flotter dans l'esprit de l'archiviste.

"Je suppose que vous êtes venus supplier les grands sorciers de la Scholomance de vous protéger contre les abyssaux ? Comme cette ange déchue qui a cru que nous irions briser le siège de la citadelle des Epines."

Cette menace était parfaitement connue des résidents de la Scholomance. Pourtant la liche ne semblait guère considérer la chose comme un danger pour le lieu. Il semblait bien plus dérangé par les nouveaux venus que par la perspective des abyssaux venant se masser à ses murs. Le lieu était-il donc imprenable ? C'était imaginable après tout, l'endroit devait être occupé par les plus puissants lanceurs de sorts des cercles.

"Je tiens à vous informer dès maintenant que cette bête pénétrera pas plus profondément dans l’enceinte de l’école. Les animaux de compagnies des étudiants sont limités à des animaux de petite taille ou bien à des esclaves humains. Maintenant, énoncez vos noms ainsi que la raison de votre venue que j’en finisse avec cette perte de temps monumentale."

Décidément, le mort-vivant faisait preuve d'une honnêteté laissant penser qu'il ne craignait rien ni personne. C'était assez logique, étant donné qu'il se trouvait dans son élément entre ses murs. Toutefois, cela n'augurait rien de bon pour le démon, qui devrait peut-être supporter le caractère grincheux de cette liche pour espérer accéder à la bibliothèque. La tâche allait s'avérer complexe.
Le démon capta le regard que le professeur accordait à son kappisaga et n'aima guère cela. Il lui vint alors l'envie de placer une main possessive sur la couverture, mais il décida de feindre le désintérêt pour espérer faire passer cet ouvrage pour un artefact extrêmement commun. Il serait toujours tant de monnayer les informations qu'il possédait plus tard.

"Mon nom est Pasiphaé et voici ma compagne Dédain. Nous sommes venues demander des informations sur les abyssaux et le moyen de les ramener sous la glace. Cette dernière s'est considérablement amenuisée, ce qui a provoqué l'invasion du sixième et du cinquième cercle. Nous respectons votre choix de neutralité quant aux archidémons, cependant, nous espérons que vous donnerez les connaissances nécessaires pour comprendre cet ennemi et le remettre là où Satan les avaient confiné. Bien entendu, nous ne nous attendons pas à ce que vous nous cédiez quoique ce soit par bonté d'âme. Cependant, nous ne pensons pas exagérer quand nous avançons qu'il serait dans l'intérêt de la Scholomance d'endiguer le phénomène des chevreaux. Nulle ne vous demande de prendre un camps et de rompre votre neutralité, il est plus question d'intégrité du monde infernal que de la place de l'un des quatre. Pour être plus précise, nous dirons même que l'intégrité du quatrième cercle nous parait être fondamental avant de songer à remettre toutes ces charmantes créatures dans leur gangue de givre et de glace. Nous vous demandons des informations et non votre participation ou la protection de vos murs."

Un sacré argumentaire. Ninum laissa la damnée parler, conservant le silence pour le moment. Avait-elle préparé tout cela au préalable ? Quoi qu'il en soit, ce discours, bien que destiné à Herbert Weiss, trouva un impact chez le démon également. Peut-être était-il temps de modifier l'organisation de ses plans. Les abyssaux progressaient sans cesse, alors que les livres de la Scholomance demeuraient à leur place. De plus, aider l'école aujourd'hui, c'était espérer bénéficier un traitement de faveur le lendemain.

Pasiphaé et Minos ! La connexion se fit enfin dans l'esprit démoniaque et Ninum examina l'être sous un jour nouveau. Ce n'était pas une simple mortelle condamnée à errer dans les enfers. Elle était d'origine mythique. C'était une reine. Ayant connu un destin particulier, certes. Mais maintenant l'archiviste pouvait relier son caractère et sa conduite à cette origine. Il se demanda si son nom figurait quelque part dans le kappisaga, écrit par une autre main que la sienne, avant qu'il entre en possession de l'objet. Que cela soit le cas ou non, il faudrait que Ninum s'attelle à cette tâche. Un être mythique, une reine. Elle devait voir sa destinée tracer dans les pages anciennes. Une raison de plus de tenter de se rallier à sa cause ?

Le démon se décida donc à prendre la parole à son tour. Choisissant au mieux ses mots pour faire transparaître le respect qu'il accordait au mort-vivant, il choisit donc un ton humble et se garda d'émettre la moindre demande impérieuse :

"Je me nomme Ninum, simple démon. J'ai voyagé jusqu'ici dans l'espoir d'entrapercevoir une partie du savoir légendaire de la Scholomance et je me joins respectueusement aux dires de Pasiphaé, la reine divinatrice."

Ninum vint à penser qu'il exagérait peut-être, à appeler par un titre ancien et sans doute dépassé celle qui était visiblement réduite au rang de damnée, mais le temps était à la diplomatie après tout. Et le démon était prêt à bien pire que cela pour apprendre de nombreux secrets.

"La connaissance qui repose entre vos murs pourrait permettre d'endiguer ce problème abyssal qui ne semble cesser de monter jusqu'aux premiers cercles. Le danger dépasse les ethnies et les camps. Votre neutralité nécessaire et respectable n'aurait pas à craindre ni ma participation, ni l'appui de Pasiphaé, car nous n'agissons pas au nom d'un groupe, mais des enfers eux-mêmes."

Le sort était scellé. Ninum venait de s'engager face à l'un des plus grands dangers existant ici bas. Sa tête lui tourna un instant et il espérait ne pas courir pas à sa propre déchéance. C'était cependant le bon choix, le choix le plus profitable pour lui. Il bénéficier d'un argument supplémentaire pour entrer dans la bibliothèque afin chercher le savoir, et il espérait se lier à Pasiphaé dans l'espoir de la suivre pour retranscrire son destin... Ainsi que de bénéficier de la protection de son rang et de son groupe.

Restait à savoir si tout cela avait été efficace...
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Le Marchand Gris
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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Dim 17 Aoû - 14:01

La liche écouta attentivement ce que les étrangers avaient à dire. Au moins leur discours était censé, ce qui changeait de plusieurs des vagabonds qui venaient s'aventurer jusqu'à l'enceinte de l'école. Mais ce n'était rien qu'il n'avait pas déjà entendu de la bouche d'Ardat. L'ange déchue, esclave du seigneur de la Chasse Sauvage les avait précédé de quelques jours et avait déjà tenté d'obtenir l'aide de la Scholomance. Au moins avait-elle eut un minimum de légitimité car elle avait été élève et même professeur dans l'établissement, précédent Herbert Weiss en tant que professeur de nécromancie.

- Bien, je vois que vous avez bien fait votre petit exposé et je pourrais même être tenté de vous mettre une bonne note. Mais voyez-vous, je pense que vous faites une erreur monumentale sur la Scholomance. L'école ne prends pas partie dans la guerre civile, mais c'est bien plus que cela ! C'est un lieu de connaissance, pas une arme que l'on peut utiliser lorsque les grands méchants monstres arrivent ! Nous dispensons la connaissance à ceux qui sont capable de la saisir, et rien d'autre.

Il toisa du regard chacun des individus. Tous les enseignants ainsi que les véritables dirigeants de l'école étaient au courant de la situation des autres cercles infernaux. Ils savaient pour les chevreaux qui envahissaient le cinquième cercle et remontaient jusque dans le quatrième. Ils savaient pour les réfugiés qui étaient incapable de repousser l'envahisseur.

- La Scholomance est au-delà des ethnies et des clans. Elle a été créée comme réceptacle de la sorcellerie de ce monde, et sa volonté est de rester un simple réceptacle, et non une arme. La connaissance est à votre portée, mais pas son utilisation directe. Maintenant si vous n'avez rien d'autre à faire je vous conseille de quitter les lieux. Aucun des sorciers ici présent ne se joindra à cette guerre à moins qu'il ne souhaite abandonner son statut dans cette école.
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Pasiphaé

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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Lun 18 Aoû - 11:58

[...]
"Nous vous demandons des informations et non votre participation ou la protection de vos murs."

Par cette dernière tirade, la magicienne voulait vraiment appuyer sur le fait qu'elle ne voulait que comprendre le phénomène et rien de plus. Ninum surenchérit à sa suite :

"Je me nomme Ninum, simple démon. J'ai voyagé jusqu'ici dans l'espoir d'entrapercevoir une partie du savoir légendaire de la Scholomance et je me joins respectueusement aux dires de Pasiphaé, la reine divinatrice. La connaissance qui repose entre vos murs pourrait permettre d'endiguer ce problème abyssal qui ne semble cesser de monter jusqu'aux premiers cercles. Le danger dépasse les ethnies et les camps. Votre neutralité nécessaire et respectable n'aurait pas à craindre ni ma participation, ni l'appui de Pasiphaé, car nous n'agissons pas au nom d'un groupe, mais des enfers eux-mêmes."

Pasiphaé resta de marbre, en apparence, aux propos du démon. Cependant, il n'en était rien. Quelque part, cela avait quelque chose de rassurant que d'autres habitants des enfers comprennent cette urgence, ce péril d'extinction. Il ne s'agissait pas d'une passade dont on pouvait jouer pour se débarrasser d'un adversaire ou l'affaiblir suffisamment avant le coup de grâce. Bien au contraire, Satan avaient scellé les abyssaux pour qu'une "civilisation démoniaque" puisse se développer et croître. Et ce même Satan avait forcément laissé des directives ou des observations quant à ce fléau ici, à la Scholomance où il avait des adeptes, des élèves, des écrits. La liche les écouta attentivement, ce qui en soit était vraiment positif. Cependant, Pasiphaé se doutait que cela ne serait pas simple, les membres de cette élite ne partageaient guère.

Bien, je vois que vous avez bien fait votre petit exposé et je pourrais même être tenté de vous mettre une bonne note. Mais voyez-vous, je pense que vous faites une erreur monumentale sur la Scholomance. L'école ne prends pas partie dans la guerre civile, mais c'est bien plus que cela ! C'est un lieu de connaissance, pas une arme que l'on peut utiliser lorsque les grands méchants monstres arrivent ! Nous dispensons la connaissance à ceux qui sont capable de la saisir, et rien d'autre.

Le professeur avait-il saisi tout le plaidoyer de ces interlocuteurs? La magicienne en douta sérieusement. Quoique... Ne faisait-il pas semblant de ne pas comprendre? On ne devient pas professeur par piston dans un lieu pareil! On le devient par ses connaissances et son savoir-faire. Pasiphaé garda donc son calme, comprenant que la nécromancienne ne comptait pas céder sans avoir au préalable tester les demandeurs. Après tout, n'avait-elle pas dit : "Nous dispensons la connaissance à ceux qui sont capable de la saisir, et rien d'autre." Tout était donc question de mérite, il allait fallait se battre pour obtenir l'accès au savoir tant désiré.

La Scholomance est au-delà des ethnies et des clans. Elle a été créée comme réceptacle de la sorcellerie de ce monde, et sa volonté est de rester un simple réceptacle, et non une arme. La connaissance est à votre portée, mais pas son utilisation directe. Maintenant si vous n'avez rien d'autre à faire je vous conseille de quitter les lieux. Aucun des sorciers ici présent ne se joindra à cette guerre à moins qu'il ne souhaite abandonner son statut dans cette école.

Pasiphaé hocha la tête en signe d'assentiment, montrant qu'elle avait bien pris en compte chaque parole de la liche. Cependant, quand son visage refit face à son interlocuteur, elle lui répondit respectueusement.

Nous entendons bien. Nous ne cherchons pas à recruter. Nous souhaitons simplement avoir accès à votre bibliothèque pour faire des recherches. Acceptez-vous de nous laisser accéder à vos livres qui traitent du sixième cercle et des abominations?

En agissant ainsi, elle espérait que la liche jouerait carte sur table et annoncerait vraiment la couleur. Il ne fallait plus perdre la moindre minute, il fallait savoir où cela coinçait et pourquoi afin de répondre au mieux à la situation. La première étape était d'avoir accès aux données existantes, en espérant que celle-ci n'avorte pas...
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Ninum

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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Lun 18 Aoû - 15:54

"Bien, je vois que vous avez bien fait votre petit exposé et je pourrais même être tenté de vous mettre une bonne note. Mais voyez-vous, je pense que vous faites une erreur monumentale sur la Scholomance. L'école ne prends pas partie dans la guerre civile, mais c'est bien plus que cela ! C'est un lieu de connaissance, pas une arme que l'on peut utiliser lorsque les grands méchants monstres arrivent ! Nous dispensons la connaissance à ceux qui sont capable de la saisir, et rien d'autre."

Ninum conserva son calme face à la réponse. Dans un univers aussi malsain que celui où ils se trouvaient tous, il était bien normal que même un enseignant se montre retors. Et si le démon avait dû se braquer chaque fois qu'il avait essuyé un refus à ses désirs, il aurait fini en tas de chair informe au coin d'une ruelle d'Ys il y a bien longtemps déjà.

À la place de la liche, il aurait agi exactement pareil. L'archiviste était capable de garder jalousement ses plus précieuses connaissances et saisissait les règles du jeu cruel et sans merci de la négociation. Il fallait trouver le chemin, aussi tortueux et contourné soit-il, pour atteindre la liche. La perspective du danger ne semblait pas avoir le moindre impact sur le professeur, et Ninum se demanda un instant si tout cela n'était qu'un vaste bluff de sa part, et si son crâne inanimé parviendrait à illustrer sa terreur, le jour où les abyssaux seraient aux portes.

Ce qui le fit se questionner un peu plus, ce fut l'utilisation du terme guerre civile. Si le mort et eux parlaient bien de la même chose, lui semblait toutefois considérer les abyssaux comme des habitants à part entière des enfers. Dans aucune logique sensée on ne parlait de guerre civile entre une bête décérébrée et une créature évoluée. Il était bien sûr possible que le professeur ait simplement fait référence au conflit entre démons, chtoniens, damnés et anges, mais Ninum décida de ne pas fermer la porte à cette pensée : cela pouvait signifier que la Scholomance en savait vraiment plus sur les abyssaux, et peut-être même sur leur but, s'ils étaient plus proche de la chose pensante que du simple nuisible géant.

"La Scholomance est au-delà des ethnies et des clans. Elle a été créée comme réceptacle de la sorcellerie de ce monde, et sa volonté est de rester un simple réceptacle, et non une arme. La connaissance est à votre portée, mais pas son utilisation directe. Maintenant si vous n'avez rien d'autre à faire je vous conseille de quitter les lieux. Aucun des sorciers ici présent ne se joindra à cette guerre à moins qu'il ne souhaite abandonner son statut dans cette école."

Soit, sa tentative de faire appel au bon sens et au bien commun était un magnifique échec. Là encore ce n'était pas forcément surprenant. Mais au moins il avait essayé. Il fallait simplement changer de tactique et trouver le bon levier capable de lui faire atteindre les ouvrages et le savoir des lieux.

La connaissance est à votre portée, mais pas son utilisation directe. Cette phrase laissait entendre qu'il pouvait tout de même s'abreuver d'un certain savoir. Mais que les détenteurs et manipulateurs de ce savoir, les membres de la Scholomance, ne remueraient pas le petit doigt pour les assister. La liche s'était donc contentée de développer sur un discours la simple phrase : si vous voulez des informations, allez les chercher vous même !

Il suffisait donc de demander la méthode à suivre pour justement bénéficier de cette connaissance à portée. En espérant que cela ne passe pas obligatoirement par la condition d'élève.
Plutôt fier de son raisonnement et du décryptage qu'il venait de pratiquer, le démon ouvrit la bouche pour formuler sa demande, toujours aussi respectueusement.

Nous entendons bien. Nous ne cherchons pas à recruter. Nous souhaitons simplement avoir accès à votre bibliothèque pour faire des recherches. Acceptez-vous de nous laisser accéder à vos livres qui traitent du sixième cercle et des abominations?

Ha... Pasiphaé semblait également avoir compris que le mort jouait avec les mots et le temps... Peut-être que cela était évident en fin de compte. Ninum se racla la gorge et referma la bouche. Soit. De toute façon elle faisait requête de ce qu'il allait justement proposer. La réponse de la liche allait également lui être utile.

Le démon tâcha de ne pas paraître désarçonné, après s'être indirectement fait moucher par la damnée. Il s'agissait d'une reine après tout, cela devait expliquer qu'elle ait décortiqué aisément les propos du professeur. Oui. Se dire cela aidait l'ego à ne pas trop souffrir.
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Le Marchand Gris
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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Lun 18 Aoû - 16:46

La liche fit craquer ses doigts, toute expression de malice avait disparut de son visage si jamais il y en avait eut une. Apparemment, la joute des mots était terminée et le professeur n'était pas vraiment heureux du résultat, loin de là. Son regard détailla de nouveau les différents individus. Pour lui ils étaient des reliques du passé, des brutes qui vivaient depuis des siècles dans le Monde Souterrain et qui pourtant n'avaient jamais prit le temps de se pencher sur les véritables connaissances qu'il possédait. Quoiqu'il en soit, ils avaient compris la subtilité, Herbert Weiss n'était pas le gérant de l'école, ici il était juste un enseignant et en ce moment un émissaire.

- Bien... La Scholomance est un lieu d'enseignement, je ne peux pas l'empêcher de l'être. Même si vous n'êtes pas des étudiants le conseil a décidé d'autoriser certaines personnes à pénétrer dans la bibliothèque. Par contre, il y a des règles que vous devrez appliquer. Aucune arme, et aucune bête ne seront autorisé dans l'enceinte de ces murs. Une fois passé les portes, si jamais vous tentez quoique ce soit à l'encontre de l'école, de ses étudiants, des enseignants ou du savoir qu'elle contient, vous le regretterez amèrement.

Les craquements de ses phalanges retentirent une nouvelle fois.

- Maintenant, si vous voulez me suivre, abandonnez vos armes ici, et laissez votre manticore de même.

Sans plus attendre, la liche tourna les talons. De lourdes portes s'ouvrirent sans qu'il n'y ait personne pour les pousser et tous se retrouvèrent dans les profondeurs de l'école. C'était un enchevêtrement labyrinthique de couloirs et de salles qui s'offraient à eux. Pour une raison quelconque, ils ne croisèrent aucun élève. Ils ne croisèrent personne en fait. Seuls des flambeaux suspendus aux murs et quelques peintures venaient briser la monotonie des murs de pierres sombres. Finalement, ils s'engagèrent sur un escalier plutôt large, qui montait vers des portes de bois.

Derrières ces dernières se trouvait sûrement la plus grande bibliothèque de tout le Monde Souterrain, et sûrement plus grande encore que tout ce qui avait pu exister chez les hommes. Il n'y avait pas que des livres de magie noire, mais à peu près toutes les créations humaines ainsi que toutes celles du Monde Souterrain. Sans compte quelques rouleaux angéliques qui devaient être sous clefs. Le groupe n'était pas seul, car l'ange déchue dont avait parlé la liche se trouvait déjà là. Ardat, esclave de l'archidémon Agamand jeta un regard dédaigneux aux nouveaux venus avant de se replonger dans sa lecture. Il n'y avait pas besoin d'être un génie pour savoir que ses recherches devaient se porter sur les mêmes sujets que ce qui intéressait Pasiphaé et Ninum.

- Je vais vous laisser maintenant. Lorsque je reviendrais, vous devrez tous quitter l'établissement. Nous n'acceptons pas les étrangers dans l'enceinte de l'école pendant les heures où les étudiants sont censés dormir. Une simple question de sécurité.
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Pasiphaé

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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Mar 19 Aoû - 13:12

Le craquement des os de la liche résonna aux oreilles de la magicienne telle une douce mélodie. Le nécromancien avait parfaitement compris l'argumentation de la damnée. Et un subtile changement s'opéra dans sa posture et son aura qui donnèrent envie de sourire à la magicienne. Cependant, elle s'en abstint, diplomate à souhait. Elle se contenta d'attendre patiemment la réponse de son interlocuteur, ils allaient enfin savoir ce qu'il en serait.

"Bien... La Scholomance est un lieu d'enseignement, je ne peux pas l'empêcher de l'être. Même si vous n'êtes pas des étudiants le conseil a décidé d'autoriser certaines personnes à pénétrer dans la bibliothèque. Par contre, il y a des règles que vous devrez appliquer. Aucune arme, et aucune bête ne seront autorisé dans l'enceinte de ces murs. Une fois passé les portes, si jamais vous tentez quoique ce soit à l'encontre de l'école, de ses étudiants, des enseignants ou du savoir qu'elle contient, vous le regretterez amèrement."

"Louée soit la sagesse du Conseil," Fit Pasiphaé en posant la main sur sa poitrine tout en inclinant légèrement la tête, "nous serons discrets et respectueux de tout et chacun."

Un énorme soulagement étreint le cœur de la damnée. La première étape pour tenir tête à ces abominations. Les craquements des phalanges de la liche retentirent à nouveau, signe qu'elle comptait dire d'avantage.

"Maintenant, si vous voulez me suivre, abandonnez vos armes ici, et laissez votre manticore de même."

Sans plus attendre, la liche tourna les talons. Pasiphaé regarda Dédain qui n'avait dit mot et s'était tenu docile toute la conversation. Cela n'avait rien à voir avec Calypso... Elle sourit en y pensant.

"Je suppose que tu ne laisseras ni ta lance, ni ta Manticore.

Tout à fait. Je n'ai pas la passion des livres de toute manière.

À tout à l'heure."


Alors que les lourdes portes s'ouvraient, la magicienne laissa derrière elle la semi-elfe, rejoignant prestement son guide de fortune vers la bibliothèque. Les couloirs étaient sombres, semblant sans fin, d'une certaine manière, cela lui rappelait son palais de Cnossos, si ce n'est qu'il était bien plus coloré et que la lumière du soleil y perçait. Nulle âme ne croisa leur route, était-ce parce que les couloirs étaient aussi mouvants et aléatoires que ceux de son labyrinthe? Probable. Si cela se passait mal dans la bibliothèque, nul doute que ce dédale les empêcherait de fuir et feraient d'eux des proies faciles à abattre ou à capturer.

Après quelques minutes de marches dans les méandres de la Scholomance, ils finirent par s'arrêter devant une large et lourde porte de bois. La magicienne eut alors un petit frisson d'adrénaline en pensant à tout ce qui était stocké à l'intérieur. L'on disait que cette endroit abritait tous les recueils de magie noire, mais également tous les livres qui avaient été écrit depuis l'aube des temps. Un puit, non, un gouffre sans fond de savoirs! Elle avait toujours hésité à envoyer Morgue s’instruire ici, afin d'enrichir sa magie par l'ajout de celle des démons. Mais la semi-elfe méprisait ceux qui avaient fait des chtoniens, une race de seconde zone. Bien que la magicienne lui eut expliqué les avantages à connaitre les en profondeur les armes de ses ennemis intimes, rien n'y avait fait. La sorcière refusait catégoriquement. Un jour peut-être, Pasiphaé trouverait une nouvelle disciple qui accepterait l'apprentissage de la Scholomance, mais pour le moment, il fallait penser à l'avenir. Les chevreaux devaient retourner à la bergerie!

Ils pénétrèrent à la suite de la liche, découvrant soudain le fabuleux spectacle. Satan avait bâti un lieu d'une beauté inouïe. La connaissance était plus qu'un hobbie mais bien une passion dévorante et impossible à éteindre, les dimensions et le nombre d'ouvrages en témoignaient. Pasiphaé ne put s'empêcher de retenir son souffle tout en faisant un tour sur elle-même. C'était une cathédrale des ombres... Reprenant son souffle et ses esprits, le regard de la magicienne croisa celui d'une lectrice. L'expression de cette dernière était méprisante, chose plutôt courante dans l'outre-monde, avec un brin de provocation toute féline. Les ailes noires de la démone rappelait ce qu'elle fut avant la perversion de son être : un ange. Pasiphaé n'en avait jamais croisé de vivant ou non perverti pas les démons. Mais peu importe, son attention se reporta à nouveau sur la liche :

"Je vais vous laisser maintenant. Lorsque je reviendrais, vous devrez tous quitter l'établissement. Nous n'acceptons pas les étrangers dans l'enceinte de l'école pendant les heures où les étudiants sont censés dormir. Une simple question de sécurité."

"Très bien."

Quand le nécromancien les laissa, l'attention de la damnée se porta immédiatement sur le démon.

"Nous voilà dans le saint des saints. Je vous propose de partager nos trouvailles et de les combiner. Plus vite nous saurons à quoi nous en tenir, plus vite ces monstres retournerons dans les abysses. Cependant, si vous souhaitez aller votre chemin, je ne vous en tiendrais pas rigueur, j'ai d'autres chats à fouetter."

La femme prit une grande inspiration, se faisant la remarque qu'elle ne savait pas par où commencer. Pouvait-elle se permettre de le demander à cette déchue? Mais d'ailleurs, le nécromancien n'avait-il pas parlé de l'esclave d'Agamand?! Ne s'agissait-il pas d'elle?! Si c'était le cas, elle devait déjà être entrain de plancher sur les volumes les plus intéressant, vu qu'elle y était depuis bien plus de temps qu'eux... Distraitement, elle dit à voix basse, pour elle-même, mais elle était parfaitement audible pour Ninum s'il tendait l'oreille :

"Ne serait-ce pas la brave petite chienne de l'Archidémon de la citadelle des épines? Ardue ou Arduinne... quelque chose du genre..."

Se rendant compte qu'elle avait peut-être été entendu par le démon, elle se raclât la gorge, en se disant qu'il était bon que l'intéressée soit assez loin pour ne rien saisir de ses propos. Il ne manquerait plus que de se la mettre à dos plus qu'elle ne l'était déjà. Car, à ne pas en douter, elle faisait des recherches pour sauver son maître et son armée des abyssaux et de leurs engeances. Il allait falloir négocier avec elle... si elle était aussi vicieuse et sadique qu'on le disait, cela n'allait pas être une partie de plaisir. Doucement, la femme se pencha vers le démon et lui glissa :

"J'ai bien peur que la déchue nous ait pris de vitesse, il va falloir la convaincre pour lire les ouvrages qu'elle a entassé face à elle..."


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Ninum

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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Mar 19 Aoû - 16:31

Apparemment ils avaient passé l'épreuve. Bien que Ninum se soit attendu à bien plus de négociation que de diplomatie, la liche les avait autorisés à s'enfoncer plus loin dans la Scholomance. Peut-être que les maîtres de ce lieu respectaient réellement l'accès à la connaissance. C'était admirable, une chose qu'il n'aurait jamais fait lui-même, mais admirable tout de même.

Ninum n'avait eu aucun scrupule à abandonner sa lance et sa lame courte. Ils avaient posé les armes à même le sol, là où il se tenait, avant d'emboîter le pas à la liche. D'autres portes s'étaient ouvertes et les deux visiteurs avaient suivi leur guide dans les entrailles de l'école. Ninum nota en effet qu'ils croisaient bien peu de scholomanciens et son esprit travailla la question l'espace d'un instant. L'explication la plus logique était bien sûr que ceux-ci étudiaient et travaillaient à l'instant, mais le démon avait remarqué les visages penchés vers eux alors qu'ils s'étaient avancés vers le forum. Alors peut-être que les élèves étaient consignés à des endroits spécifiques de l'école, forcés de suivre les volontés de leurs maîtres. Enfin, il était aussi pensable que comme d'autres habitants des cercles, les étudiants aient fui la montée des chevreaux, bien que cela amenait plus de questions encore quant aux capacités de l'école pour contrer ce fléau...

Toutefois, tout sa réflexion s'envola lorsque les portes de la bibliothèque s'ouvrir devant lui. Il y eut une sorte de choc, silencieux, invisible, mais même Pasiphaé sembla y être sujette. Le démon sentit son poil se dresser le long de son échine et il étouffa une exclamation de surprise tandis que la chair de poule courait sur sa peau.
Il passa la porte, devançant presque les deux pour s'approcher d'une énorme étagère qui démarrait contre le mur pour se perdre plus loin dans les ombres. Lentement, avec un mélange de respect et d'avidité, il caressa le cuir de plusieurs livres devant lui, ses mains griffues ressentant la matière agréable et ses petits défauts. Il n'entendit pas la liche parler, pas plus qu'il n'observa sa sortie.

Tant de livres... Par où fallait-il commencer...?

La voix de la damnée le ramena à la réalité, le faisant se retourner. Il ne put cependant fixer Pasiphaé pendant plus de quelques secondes avant que son regard dérive sur une pile de livres.

"Nous voilà dans le saint des saints. Je vous propose de partager nos trouvailles et de les combiner. Plus vite nous saurons à quoi nous en tenir, plus vite ces monstres retournerons dans les abysses. Cependant, si vous souhaitez aller votre chemin, je ne vous en tiendrais pas rigueur, j'ai d'autres chats à fouetter."

Il était vrai que rien ne le liait à elle, et la tentation fut forte de s'enfoncer dans les couloirs de livres pour s'adonner à un festin de savoir... Mais le démon comprit soudain que la liche s'était éclipsée avec l'intention de revenir les chasser plus tard, visiblement, il avait tout de même prêté distraitement une oreille à ce tas d'os animé. Sa présence ici ne serait donc que passagère, et il valait donc mieux se concentrer sur l'affaire la plus pressante.

"Non, vous avez raison. Travaillons de concert, la tâche semble si titanesque..."

Ce faisant violence pour ne pas ouvrir le premier grimoire à portée, Ninum réalisa soudainement que le professeur Herbert Weiss avait une nouvelle fois démontré sa volonté de ne leur faciliter en rien la tâche : le démon ne parvenait pas à voir la fin des étagères devant lui, et il en devinait d'autres tout autour de lui, remplissant cette salle aux proportions impressionnantes. La liche s'était bien gardée de leur indiquer les ouvrages susceptibles de les intéresser. Ninum n'osa pas estimer le nombre d'ouvrages, mais il semblait improbable qu'ils puissent localiser rapidement les livres contenant ce qu'ils convoitaient.

"Ne serait-ce pas la brave petite chienne de l'Archidémon de la citadelle des épines? Ardue ou Arduinne... quelque chose du genre..."

Ninum porta enfin son regard sur l'ange déchue que leur guide avait mentionné à leur arrivée. Il ne se souvenait pas d'avoir entendu un nom et examina l'étrange silhouette. Elle était plaisante à l’œil, mais il était difficile de trouver sa beauté naturelle. Ses grandes ailes noires semblaient dévorer la lumière des lanternes environnantes, tandis que sa peau claire ne ressortait que d'autant plus.
La créature était en pleine étude. Ninum comprit bien vite que leur salut venait d'elle, elle qui était venu chercher la même chose qu'eux.

"J'ai bien peur que la déchue nous ait pris de vitesse, il va falloir la convaincre pour lire les ouvrages qu'elle a entassé face à elle..."

Pasiphaé avait eu la même pensée, mais semblait sous-entendre que cet être allait rechigner à partager les livres et potentiellement sa nouvelle connaissance. La damnée la connaissait sans doute mieux que lui. Mais cela était une faiblesse comme une force : l'ange noir n'avait jamais vu Ninum et ne devait logiquement rien avoir à lui reprocher personnellement pour le moment.

"Bien. Je vais tenter de remédier à cela. Libre à vous d'explorer une étagère proche de là où elle se tient ou bien de me suivre."

Ninum parcourut la distance qui le séparait de la déchue avec tranquillité, se composant un visage aussi aimable que possible avec ses crocs et son museau. Il s'arrêta à un mètre d'elle, observant un instant les livres qu'elle avait rassemblé, essayant de saisir un mot, une phrase, une cote capable de l'aider. Puis, ses yeux vifs glissèrent jusqu'à son visage, qu'il pouvait mieux observer maintenant. Elle avait quelque chose d'animal et Ninum s'imagina un instant qu'elle pourrait très bien lui sauter dessus pour le réduire en morceaux. Toutefois, il se dit que cela devait enfreindre les règles de neutralité de l'école et se solderait sans doute par la mise à mort de la fautive.

"Je vous salue. Je suis Ninum l'archiviste, démon en quête d'un savoir pour contrer la progression des abyssaux. Le professeur Herbert Weiss m'a laissé entendre que vous cherchiez peut-être les réponses à des questions similaires. Je vois que vous avez entassé quelques ouvrages et j'aimerais avoir l'occasion de les feuilleter également."

Il fit une pause, observant l'éventuelle réaction de celle qui autrefois fut un être de pureté et son ennemi historique. Un ange déchue était une chose fascinante à constater. Il s'agissait d'un rival ayant changé de camp, d'un danger qui était devenu une aide. Ninum caressa la couverture du kappisaga du bout de la griffe, imaginant la chute physique et mentale que l'être avait dû subir... Une chute légendaire, peut-être...

"Bien évidemment, vous pourriez aussi accepter de m'éclairer sur le sujet, si vous avez acquis les connaissances nécessaires. De mon côté je suis disposé à vous aider dans vos recherches. Je pense que nous cherchons la même chose ici : les clés de la survie face à cette invasion."

Le démon se redressa légèrement une fois son petit discours achevé. Il avait choisi de jouer carte sur table et même de suggérer qu'ils joignent leur force. Ninum n'avait jamais fait face à un ange déchue jusqu'ici, et il ignorait quelle partie de son ancien être elle pouvait bien avoir conservée. Allait-elle lui rire au nez ou l'envoyer voir ailleurs ? Allait-elle lui témoigner la haine que les serviteurs de la pureté possédaient envers les démons ? Allait-elle au contraire faire preuve de sagesse ?

La griffe traça des cercles invisibles sur le cuir du kappisaga.



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Perséphone

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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Mar 19 Aoû - 18:21


Ardat avait décidé d'ignorer magistralement les individus qui venaient d'entrer dans la pièce. Bien entendu son premier regard avait permis de jauger un peu quels étaient ces individus et quelle menace ils pourraient représenter pour l'ange déchue. La Scholomance n'en restait pas moins un lieu neutre et commencer un conflit ici n'était pas une bonne idée. Bien entendu, la damnée et le démon avaient décidé de venir lui casser les pieds et la déranger dans sa lecture.

L'ange déchue n'avait pas relevé les piques de Pasiphaé, après tout, elle n'avait pas totalement tort. Agamand avait brisé sa volonté, précipité sa chute et il avait toute sa loyauté. Il lui avait fait subir les pires horreurs et aujourd'hui encore, elle se tenait à ses côtés, cherchant à trouver une solution pour briser le siège des chevreaux, même si elle comptait plus sur le Chasseur pour cela. Ardat cherchait finalement un moyen plus définitif de s'assurer que les abyssaux ne viennent pas perturber l'équilibre des pouvoirs entre les archidémons et ne gênent l'ascension d'Agamand.

Elle ferma le livre qu'elle était en train de lire. De toute façon il n'y avait rien d'intéressant dedans. Elle avait renoncé à chercher des informations sur les poins faibles des abyssaux ou comment les enfermer. Ninum pouvait voir à la couverture que le livre parlait de l'escalier qui reliait les cercles infernaux entre eux.

- Les abyssaux émergent et toute le vermine vient chercher du pouvoir dans le but de les renvoyer dans leur demeure aqueuse.

Elle ne lui offrit aucun sourire. Son visage semblait plutôt trahir un agacement certain. Ses ongles noires tapaient contre le bois du bureau sur lequel elle était assise.

- Si vous voulez vous amuser à chercher comment réaliser un sortilège que seul le plus puissant démon de toute l'histoire du Monde Souterrain a réussi à réaliser, libre à vous. Les ouvrages sur les abyssaux sont dans ce rayon là.

L'ange déchue pointa quelques étagères croulant sous les ouvrages épais. La plupart d'entre eux devaient même avoir pour couverture les peaux des étranges créatures abyssales. Leur contenu toutefois resterait sûrement évasif, les abyssaux étaient une énigme que les érudits n'avaient presque jamais réussi à résoudre.

- Maintenant, je suis en train de chercher de vraies solutions pour sauver mon maître, en "brave petite chienne" que je suis. Si vous êtes bien décidé à perdre votre temps, ce n'est pas mon cas. Donc à moins que vous ne sachiez comment détruire la portion de l'escalier qui nous relie au sixième cercle, je doute que vous ne me soyez d'une quelconque utilité.

Cette fois-ci il eut le droit à un sourire, mais ce dernier n'avait rien de bien accueillant. Le mépris de l'ange déchue était palpable, peut-être qu'une partie était due à ce qui pesait maintenant sur ses épaules. Aucun archidémon ne bougerait ses armées pour sauver un de ses rivaux. Une fois la citadelle des épines tombée, Roanoke suivrait, et le quatrième cercle serait rapidement assiégé à son tour. Elle se devait d'agir avant que cela n'arrive.


Dernière édition par Agamand le Dim 31 Aoû - 12:01, édité 1 fois
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Ninum

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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Sam 23 Aoû - 9:04

Ninum fit face, se composant encore une fois un visage calme face au cynisme et au mépris. Peut-être était-ce l'école qui donnait cette attitude, mais contrairement au professeur Herbert Weiss, l'ange déchue, qui n'avait pas souhaité communiquer son identité autrement qu'en confirmant être au service d'un Archidémon, pouvait justifier sa conduite par la lourde tâche dans laquelle elle s'était lancée.

"Détruire l'escalier entre les deux cercles...?"

Sa voix trahissait la surprise face à la méthode et l'évaluation de l'exploit. Les escaliers étaient l'axe de voyage principal des habitants des enfers. Certes, Ninum avait lu qu'entre chaque cercle, de nombreux passages cachés ou oubliés existaient. Détruire cette partie de l'escalier ne les isoleraient pas pour toujours des secrets et monstres qui rôdaient en-dessous, mais il y avait une sorte d'hérésie dans l'idée qui manqua de laisser Ninum bouche bée.

Fort heureusement, il n'existait chez les démons rien de vraiment sacré, ni aucun véritable dogme qui les empêchait d'agir à leur guise. En toute logique, détruire ce passage ne les damneraient pas plus qu'ils ne l'étaient déjà.

"L'idée est surprenante mais réglerait effectivement le problème le plus urgent. Cela n'arrêterait pas les abyssaux, je pense, mais nous gagnerions du temps pour pouvoir trouver une solution plus définitive."

L'archiviste se saisit nonchalamment de l'ouvrage traitant des escaliers et l'ouvrit, ne lisant que quelques passages ici et là tandis qu'il réfléchissait. Il fallait déterminer la nature réelle des escaliers : physique ? Magique ? Impie ?
Les rouages de son esprit se mirent en branle tandis qu'il essayait d'évaluer la portée d'une telle décision.

"Avez-vous songer à envoyer les meilleurs démons de votre maître par un passage dissimulé ? Contourner le flot des abyssaux pour aller en observer la source. Peut-être qu'un esprit supérieur les dirige par des synapses. Avec cette théorie, coupez la tête et les membres tomberont..."

Ne rejetant pas la possibilité de faire sauter une portion de l'escalier pour autant, Ninum s'éloigna un instant vers l'étagère que l'ange avait désigné et revint avec un ouvrage sommaire qui, il l'espérait, lui apprendrait les bases sur la nature des abyssaux, leurs méthodes, leur nature, si l'on avait observé de la réflexion ou de l'intelligence dans les créatures, ou un schéma d'organisation répétitif. Il se soucia peu de ce que l'ange put penser de sa conduite, maintenant qu'il parcourait les pages, il était dans son élément, ses yeux s'agitant sous ses binocles, dévorant les mots et analysant les phrases.

Passant d'un ouvrage à l'autre comme un insecte butinant les fleurs, Ninum s'intéressait aussi bien au plan de l'ange qu'à ses propres questionnements. Après tout, elle n'avait pas forcément le même angle de réflexion que lui, ou l'esprit adapté pour saisir certaines informations comme importantes. Et même si elle était plus intelligente que lui, ce qu'il mettait toutefois en doute dans sa fierté démoniaque, un œil nouveau pourrait bien faire la différence dans cette affaire.
Les pages se tournèrent tandis qu'il traquait...



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Perséphone

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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Sam 23 Aoû - 9:37


Ardat laissa le démon répéter ce qu'elle venait de lui dire... Apparemment l'information avait un peu de mal à se faire un cheminement dans son esprit. L'escalier en effet était l'un des résidus du règne de Satan. Il liait tous les cercles entre eux, tout du moins tous ceux qui étaient accessibles aux démons. Mais ce qui était certain, c'est que personne n'avait jamais essayé une telle prouesse. Ils n'avaient plus vraiment le choix maintenant. Il fallait couper l'ennemi de ses innombrables renforts. Seulement quelques propositions étaient possibles : détruire l'escalier, ou bien tuer l'abyssal gigantesque qui engendrait les chevreaux. La seconde solution ne serait que temporaire, une autre des créatures finirait forcément par prendre sa place. Avec la destruction de l'escalier, le flot de chevreaux serait largement plus facile à contenir, et les démons de la Sylve Cauchemardesque pourraient même l'emporter.

- Vous êtes assez rêveur pour penser que nous pouvons arrêter les abyssaux ? Ouvrez n'importe quel livre à leur sujet et vous verrez qu'ils ont précédé les démons dans le Monde Souterrain ! Ils sont une manifestation des ténèbres elles-mêmes et nous ne pourrons jamais nous en débarrasser définitivement. Seul Satan a réussi à ralentir leur progression avec la création de la banquise, et toujours quelques uns arrivaient à passer au-travers de la glace.

Elle n'avait pas réagi quand il prit le livre, se contentant de l'observer avec les sourcils froncés, lançant de temps en temps un regard à Pasiphaé.

- Nous pourrons éventuellement envoyer des combattants dans les abysses pour affronter l'abyssal qui est à l'origine des chevreaux, mais il nous faudrait un bateau, et une fois mort, un autre finirait forcément par prendre sa place ! Depuis des millénaires ils attendent sous la banquise, venant tester sa solidité régulièrement, l'un d'entre eux a réussi à passer et tout est presque fondu apparemment. D'autres créatures vont émerger une par une... Quand à chercher si quelque chose contrôle les abyssaux. Leurs origines sont au-delà du septième cercle.

Tout était dit. Les créatures étaient plus anciennes que n'importe quel archidémon. Elles étaient plus anciennes que les chtoniens, et maintenant elle cherchaient à reconquérir le Monde Souterrain. Les choix les plus probables étaient ceux lancer par Ardat : détruire l'escalier, tuer le premier abyssal à avoir émergé...

- A moins que vous ne soyez assez puissant pour reformer la banquise, je vous conseille de me laisser trouver un véritable moyen de détruire l'escalier...

Elle commençait à perdre patience. Ninum était plongé dans le livre qu'elle avait elle-même rejeté pour faute d'informations utiles. Il expliquait plus comment l'escalier générait lui-même un passage entre les mondes, mais il n'y avait aucune mention de comment le détruire : tout simplement parce que Satan n'avait jamais prévu qu'on cherche à détruire sa création.
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Pasiphaé

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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Dim 24 Aoû - 12:25

Pasiphaé ne faisait plus attention ni au démon, ni à l'ange déchu. Elle parcourrait les rayons, avide de la moindre information sur les abyssaux, ce qu'ils étaient, d'où ils venaient... Jadis, ils avaient été maintenus par des gardes spéciaux dans un périmètre clef mais elle ne se souvenait pas vraiment de ces évènements. À cette époque, elle subissait le châtiment voulu par son époux.

En plein Pandaemonieum, elle avait subi les vices des démons qui avaient profité d'elle, appréciant son corps si particulier.Elle lut rapidement plusieurs livres sur les monstres venus des profondeurs, gardant à l'esprit l'essentiel. Puis, elle commença à se poser des questions sur Satan lui-même, se mettant à la recherche de bibliographies et de livres qu'il aurait lui-même écrit. La magicienne commençait à se demander comment ce démon, si tout fois il en fut vraiment un, était parvenu à autant de puissance. Très vite, il fut question de l'ultime cercle. Or, d'une certaine manière, le diable l'avait scellé en plaçant la banquise bien plus qu'en laissant en l'état le dernier espace disponible aux démons... Grâce à ses lectures, elle voulait mieux comprendre les motivations de cet être.



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Ninum

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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Dim 24 Aoû - 18:10

"Vous êtes assez rêveur pour penser que nous pouvons arrêter les abyssaux ? Ouvrez n'importe quel livre à leur sujet et vous verrez qu'ils ont précédé les démons dans le Monde Souterrain ! Ils sont une manifestation des ténèbres elles-mêmes et nous ne pourrons jamais nous en débarrasser définitivement. Seul Satan a réussi à ralentir leur progression avec la création de la banquise, et toujours quelques uns arrivaient à passer au-travers de la glace."

Ninum cessa de lire le paragraphe dans lequel il s'était plongé. De toute manière il ne semblait pas trouver ce qu'il cherchait dans les pages de cet ouvrage. Il redressa donc la tête et étudia le visage sévère de l'ange au travers de ces lunettes. Elle semblait profiter de sa personne pour décharger le stress généré par le poids de sa tâche. Ça ou elle détestait de le voir formuler des plans auxquels elle avait déjà songé. Ou alors peut-être le détestait-elle tout simplement.

Il était vrai que Satan en personne avait été nécessaire pour tenir les abyssaux en respect, puis les emprisonner. Cette phrase en elle-même signifiait beaucoup et élevait immédiatement la tâche au rang de défi surnaturel.

"Nous pourrons éventuellement envoyer des combattants dans les abysses pour affronter l'abyssal qui est à l'origine des chevreaux, mais il nous faudrait un bateau, et une fois mort, un autre finirait forcément par prendre sa place ! Depuis des millénaires ils attendent sous la banquise, venant tester sa solidité régulièrement, l'un d'entre eux a réussi à passer et tout est presque fondu apparemment. D'autres créatures vont émerger une par une... Quand à chercher si quelque chose contrôle les abyssaux. Leurs origines sont au-delà du septième cercle."

Là encore, Ninum croisa à nouveau le regard féroce. Une partie de son être nota que malgré cette froideur, l'ange déchue lui apparaissait tout de même séduisante. Il se demanda si cela venait de sa nature angélique ou de sa perversion démoniaque, puis sa réflexion primaire fut rapidement chassée par une dernière réplique sanguine.

"A moins que vous ne soyez assez puissant pour reformer la banquise, je vous conseille de me laisser trouver un véritable moyen de détruire l'escalier..."

Elle le prenait définitivement de haut dans cette affaire et ne semblait absolument pas ouverte à une coopération. Ninum examina du coin de l’œil Pasiphaé, se demandant si cette présence rôdant aux alentours n'était pas une des explications des nerfs à vif de l'ange déchue. Puis, il ouvrit la bouche pour répondre. Le démon ne prit cette fois pas la peine de paraître aimable et mesuré dans ces paroles. Visiblement la créature devant lui n'était guère réceptive à ce genre de choses. Il était donc inutile pour lui de perdre plus de temps à donner des formes à ses propos. Sa voix, toujours aussi grave et chaude, perdit l'espace d'un instant cet accent enjoué qu'il possédait habituellement :

"Si vous y tenez, je ne vous importunerais pas plus longtemps, il est vrai que vous semblez proche de la solution en cet instant et que l'affaire et suffisamment minime pour vous permettre de vous passer d'assistance."

Il laissa son regard flotter sur la pile de livres devant elle un instant puis se racla la gorge. L'usage de cette pique était discutable sur le plan diplomatique, mais Ninum avait ressenti le besoin de remettre l'ange à sa place : elle n'avait pas l'air d'avoir trouvé plus de solutions qu'eux.
Lorsqu'il rouvrit la bouche, la note enjouée revenait imperceptiblement, donnant à sa remarque un côté espiègle.

"Satan aussi émis de simples hypothèses avant de créer cette banquise. Je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas formuler l'idée de nous débarrasser des abyssaux. Qui sait s'il est possible de détruire cette menace ? Rien ne semble possible avant que cela arrive. Auriez-vous cru à votre propre déchéance, en d'autres temps, ange...?"

Il cessa de sourire pour redevenir sérieux. Posant une griffe sur la couverture d'un ouvrage, comme pour s'appuyer sur les faits qu'il contenait.

"Le savoir et la connaissance permettent de nombreuses choses. Votre idée de détruire une partie de l'escalier est tout aussi onirique que la mienne, pourtant nous sommes là à l'imaginer et vous vous perdez dans la lecture de livres en espérant trouver un précédent."

Inspirant profondément, Ninum referma sa griffe et rangea son bras le long du corps. Ses yeux soutinrent l'éventuel regard haineux de l'ange tandis qu'il tentait une nouvelle fois de poser une réflexion commune dans cette joute verbale.

"Pour l'escalier, il faudrait examiner d'éventuels mémoires d'anciens démons et archidémons, ou même des chtoniens. Quiconque s'étant intéressé à la nature des cercles, et surtout, des escaliers. Concernant la banquise, j'ignore si Satan était le genre à se laisser aller à la confidence sur du papier, mais il faudrait chercher des éventuels écrits à son nom, et voir s'il parle de sa prouesse. En avez-vous trouvé ?"

Ninum ne relança pas l'idée d'aller chercher à détruire ce qui pouvait bien contrôler et motiver les abyssaux. Comme l'ange l'avait souligné, les réponses se situaient bien plus bas, ce qui signifiait faire face à la horde destructrice ou entamer un périple dangereux et discret dans les profondeurs noires des enfers. Deux choix qui ne justifiaient pas des recherches dans cette bibliothèque.



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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Dim 24 Aoû - 19:18


Ardat se contentait d'écouter Ninum avec un léger sourire narquois dans un premier temps. Après tout, sa réaction était tout à fait normal, elle n'y était pas allée de main morte avec lui. L'ange déchue était surtout convaincue qu'aucun des deux nouveaux venus ne pouvait lui être d'une quelconque aide. C'était à elle de trouver une solution pour détruire les escaliers et elle ne pouvait pas se permettre de perdre du temps à leur raconter ce qu'elle avait déjà lue juste histoire que ces derniers soient au niveau.

Son air changea lorsqu'il mentionna toutefois sa déchéance. Elle se redressa d'un seul mouvement, les ailes dans son dos se déployant largement, faisant voler quelques parchemins dans la pièce. Son visage était maintenant dénué de toute expression, il était totalement froid, et glacial. Il y avait clairement des sujets qu'il fallait mieux éviter avec un ange déchue et Ninum venait d'évoquer l'un d'entre eux.

- Ne t'avises plus jamais de parler de ma déchéance, ou crois-moi, tu le regretteras.

Les souvenirs déjà avaient commencé à affluer dans sa tête, et elle s'évertuait de les chasser. Des souvenirs d'une époque où elle était emplie de compassion et aidait son prochain, des souvenirs d'une époque meilleure, et qui étaient aussi douloureux que des dagues chauffées au fer rouge plantées dans son torse. Cela la faisait haïr ce qu'elle était, haïr les années de tortures qu'elle avait subit aux griffes d'Agamand. Haïr qu'elle n'ait pas été souillée dès sa naissance de manière à ne jamais subir la Chute.

- Je ne cherche pas un précédent. Je sais parfaitement que l'escalier n'a jamais connu le moindre dégât depuis sa création. Je cherche à savoir de quoi il est fait, et si les sortilèges qui ont été utilisés pour le créer sont connues. De cette manière je pourrais le détruire. Seulement Satan n'était pas du genre à écrire, non. C'était un ancien démon et tout se faisait de manière orale à son époque... Notre Roi n'a laissé aucune trace de son oeuvre, et personne n'a vraiment réussi à la comprendre, comme pour son sortilège qui a gelé la banquise.

La fatigue, la colère et la nervosité se faisaient définitivement sentir. Cela faisait des jours qu'elle se déplaçait, étudiait, cherchait désespérément un moyen de lutter contre les abyssaux. Le démon ne faisait que remuer le couteau dans la plaie en évoquant des choses auxquelles elle avait déjà pensé, et surtout dont elle avait déjà affronté les impasses.

- La seule chose que j'ai apprise, c'est que l'escalier serait fait d'obsidienne. Roche fragile en tant normal, mais ce n'est clairement pas le cas ici. Elle a été altérée par sorcellerie, mais je connais pas le processus exact, la seule chose que je sais, c'est que cela la rend résistante et lui permet de générer la faille entre les cercles et de la maintenir. Déstabiliser le rituel demanderait une quantité d'énergie que je ne possède pas, pas à moins d'en connaître les plus infimes détails.

Elle leva les bras, désignant chacun des ouvrages et des livres qui les entouraient.

- Il n'y a rien dans cette bibliothèque ! Vous ne trouverez rien de plus que ce que j'ai trouvé ! Notre roi était tellement convaincu de la pérennité de son règne qu'il n'a jamais pensé à confier ses secrets à quiconque. Maintenant nous sommes tous condamnés à régresser jusqu'à l'époque où nous nous battions dans la fange contre des créatures plus puissantes que nous. Nous allons redevenir des proies en enfer.
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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Dim 24 Aoû - 21:43

"Ne t'avises plus jamais de parler de ma déchéance, ou crois-moi, tu le regretteras."

Elle avait perdu pied à cet instant. Visiblement son passé était un sujet sensible. Ninum avait eu le réflexe de reculer d'un pas devant le déploiement des ailes, et sa main s'était posée sur la lance qu'il portait dans le dos, du moins c'est ce qu'il avait voulu faire, avant de se rappeler qu'il avait laissé ses armes au-dehors. Heureusement, l'ange déchue n'avait fait que proférer cette menace sans appel.
Une fois assuré qu'elle ne ferait rien de plus, Ninum reposa sa main le long du kappisaga. En revanche, il nota soigneusement que le sujet était épineux, et se promit de ne pas le mentionner avec légèreté à l'avenir... Même si cette réaction attisa d'autant plus sa curiosité pour l'histoire tissée sur ce drame.

L'archiviste écouta avec attention l'ange partager ce qu'elle savait de l'escalier et de ses propriétés. Satan n'avait donc pas été du genre communicatif et maintenant ses secrets avaient disparu avec lui. Il pouvait comprendre la frustration qui emplissait l'être devant lui, tout comme il comprenait pourquoi, stratégiquement, Satan pouvait ne jamais avoir évoqué les détails de son sort de banquise ou de son enchantement des escaliers. Le savoir était synonyme de pouvoir...

Lorsque l'ange expliqua à Ninum que les escaliers étaient en obsidienne, celui-ci esquissa un rictus. L'ironie de la chose ne lui avait pas échappé : d'une des matières les plus faibles, un escalier apparemment indestructible fût bâti. Satan avait dû choisir délibérément, mais cela soulevait donc une question : était-ce une preuve d'humour très discutable ou une révélation sur son sortilège ? Ninum se fit la réflexion car, à la place de son roi, il aurait choisi une matière forte pour la base. Peut-être était-ce tout simplement parce que l'obsidienne se trouvait aisément dans le deuxième cercle.

Enfin, l'envoyée de l'Archidémon se laissa aller à un défaitisme compréhensible. Il est vrai qu'elle semblait ne pas avoir économisé ses forces dans la mission qui lui avait été confiée. Cependant Ninum ne la plaignait pas, premièrement car il ne lui accordait aucune sympathie, malgré sa beauté, et deuxièmement car il était un démon et que cela n'aidait guère à l'empathie.
Selon elle, la bibliothèque, aussi grande soit-elle, était dénuée d'informations capable de les aider. Les yeux vifs et orangés se tournèrent alors vers Pasiphaé. Peut-être que celle-ci, en train de chercher parmi les ouvrages, trouverait à redire sur la question, mais Ninum se retint de l'interpeller, préférant lui laisser le temps d'observer à sa guise pour leur faire un rapport plus concis après.

L'archiviste reporta son attention sur l'ange, reprenant à sa suite :

"Bien, alors la résistance de l'escalier vient bien d'un sortilège, et non de sa matière. Vous parlez de rituel et d'énergie nécessaire... Et il est possible que seul vous ne parveniez pas à grand chose. Mais si nous recrutions des sorciers et enchanteurs puissants pour nous assister. Un groupe pourrait canaliser plus de puissance pour espérer détraquer le sort."

D'un geste, il désigna les murs de la bibliothèque, faisant référence à ce qui se trouvait au-delà :

"Nous nous trouvons dans un lieu où s'entassent les plus puissants êtres manipulateurs d'énergies magiques et mystiques. J'imagine que comme pour nous, le professeur Weiss a pris grand soin de vous expliquer la neutralité irréductible de la Scholomance... Mais il ne nous a pas empêché de tenter de recruter des élèves ou enseignants dans notre tentative."

Il est vrai que la liche les avait plus ou moins mis au défi de débaucher des résidents de l'école, apparemment il semblait certain que personne ne risquerait de quitter l'enceinte du lieu pour les accompagner. Mais cela ne coûtait rien d'essayer. À vrai dire, Ninum était prêt à tout tenter, quitte à affronter à nouveau les sarcasmes et la froideur du mort-vivant.


Dernière édition par Ninum le Mar 26 Aoû - 16:38, édité 1 fois
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Perséphone

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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Lun 25 Aoû - 10:15

Ardat s’était re-calmée. Plonger dans les réflexions à propos de l’escalier lui avait permit de chasser les souvenirs désagréables que Ninum avait évoqué. Tous les anges déchus n’étaient pas aussi sensibles à propos de leur Chute, mais celle d’Ardat était particulièrement horrible. Elle devait même se trouver décrite dans le livre du démon, en tant qu’exploit d’Agamand. Si l’ange déchue était loin en effet d’avoir l’étoffe des héros aux yeux de beaucoup, son maître était considéré comme un champion des enfers et un redoutable guerrier.

- Oui, un groupe pourrait en effet permettre d’associer les forces de chaque pratiquant des arts noirs de manière à détruire totalement l’escalier. Seulement, ce n’est pas vraiment ce que nous désirons faire, il faudrait trouver un moyen de détruire la construction sur un point précis, et le faire en utilisant la puissance de plusieurs mages noirs serait difficile. Nous risquerions de détruire l’escalier dans sa totalité.

Ce qui poserait de larges problèmes. Certes, les abyssaux seraient prisonniers des derniers cercles des enfers, mais qu’en serait-il du reste du Monde Souterrain ? Les cercles livrés chacun à eux-mêmes, ces serait une véritable anarchie, les archidémons pourraient pour certains revendiquer la totalité de ces nouveaux territoires, mais d’autres verraient surtout le visage du chaos. Pandaemonium péricliterait, deviendrait un foyer chaotique pour tous ceux qui y vivaient. La faim se ferait sentir, sans les produits venant des autres cercles, ce serait une catastrophe. Mais surtout, les âmes des nouveaux damnés s’accumuleraient dans le premier cercle, sans qu’ils ne puissent venir se répandre dans tout le Monde Souterrain.

- Qui plus est, il faudrait trouver des sorciers volontaires pour se joindre à moi. La plupart des manieurs de sorts puissants ont prêté allégeance à l’un des archidémons ou bien à la Scholomance. Comme vous le savez, les uns comme les autres ont peu de chance de chercher à sauver mon maître, même pour se sauver eux-mêmes. Quant aux étudiants ici… Ils n’oseront jamais quitter leur formation pour nous aider, cela signifierait la mort pour eux, et surtout ils ne seraient jamais acceptés de nouveau au sein de l’école.

Il lui fallait une source d’énergie, une source suffisamment puissante pour amplifier ses pouvoirs et appliquer une frappe chirurgicale à l’escalier. Elle repensa à sa Chute, à ce que Ninum avait suggéré.

- Il y a une sorte de magie qui pourrait trancher au-travers du sortilège de Satan plus facilement que les autres. Une magie que je pourrais contrôler un bref instant et utiliser pour détruire seulement une portion de l’escalier. Cela sera douloureux, en particulier pour moi, mais si vous cherchez un moyen de vous rendre utile, le voici : je pourrais utiliser ce qu’il me reste de mon essence angélique pour siphonner les pouvoirs d’anges. De vrais anges, pas des anges déchus. Je pourrais alors concentrer leur énergie de manière à détruire la portion de l’escalier entre le cinquième et le sixième cercle. Mais voilà la difficulté, il nous faut des anges vivants.

Elle n’y avait pas pensé avant que Ninum ne lui fasse se souvenir de ce qu’elle avait été par le passé. Les anges avaient été créés pour lutter contre Satan, contre ses sortilèges et ses machinations. Leur essence serait efficace contre le sortilège, et tous partageaient une ancienne connexion entre eux. Une connexion qu’un ange déchu assez puissant pourrait brièvement exploiter si d’autres anges se trouvaient à proximité.

- Les éclaireurs de la Chasse Sauvage ont des rapports sur certaines de ces créatures survivant dans la Sylve. Avec la confusion due aux chevreaux, nous pourrions presque en capturer, mais la Citadelle ne peut se priver d’aucun guerrier.

Son regard froid se braqua sur Ninum, puis sur Pasiphaé. Peut-être qu’ils allaient se révéler utiles finalement.
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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Lun 25 Aoû - 20:53

Enfin.

Enfin l'ange déchue avait décidé qu'il était temps de partager ses informations. Peut-être que son emportement sur la question de la déchéance avait eu raison de ses réserves. Ninum l'écouta rejeter sa proposition, apparemment elle pensait qu'une confrérie de mages aurait raison de l'escalier dans son entièreté. Ninum fut prêt à discuter de cette théorie avec elle. Il mettait en doute ce qu'elle lui avançait, se demandant d'où elle tirait cette information. Puis il se rappela que le professeur-liche avait mentionné que cet envoyé avait autrefois été élève à la Scholomance... Elle devait donc comprendre et pouvoir évaluer la puissance des sorts et diverses magies des enfers.
Toutefois, la perspective était intéressante et il faudrait revenir sur la chose quand le danger des abyssaux sera loin : détruire l'escalier en entier serait donc possible...?

Le démon était en revanche d'accord avec le deuxième problème lié à l'idée : rassembler assez de sorciers volontaires capables d'agir au-delà de leurs allégeances respectives. Chaque faction gardait bien jalousement les adeptes de la magie, et la Scholomance ne faisait pas exception. L'archiviste faisait peut-être preuve d'un peu trop d'optimisme concernant leur capacité à rassembler rapidement un groupe de mages assez important. De plus, l'ange noire semblait penser que l'évocation de son maître dissuaderait d'autant plus les candidats.

Ninum songea qu'il ne connaissait pas grand chose de cet archidémon. Agamand, seigneur de la chasse sauvage. Son nom et son statut étaient certes deux choses dont il était instruit, mais au même titre qu'une bonne partie des habitants des enfers. En dehors de cela et de sa légende, Agamand signifiait bien peu de choses pour Ninum. Une menace lointaine, un être puissant pour le kappisaga.
Mais il comprenait cependant la politique et ses rouages sanguinolents : on n'aidait pas un rival, on le laissait s'affaiblir pour prendre le contrôle de ses possessions, de ses armées, de ses pouvoirs. L'ange avait bien raison de penser que beaucoup tourneraient le dos à son maître, d'ailleurs c'était sans doute déjà le cas. C'était là une preuve de la stupidité et du manque de discernement de la plupart des frères et sœurs du démon. Avec la chute d'Agamand, il n'y aurait pas plus de pouvoirs à partager, mais un cercle de moins sous le contrôle démoniaque, ainsi que plus d'abyssaux menaçants.

"Il y a une sorte de magie qui pourrait trancher au-travers du sortilège de Satan plus facilement que les autres. Une magie que je pourrais contrôler un bref instant et utiliser pour détruire seulement une portion de l’escalier. Cela sera douloureux, en particulier pour moi, mais si vous cherchez un moyen de vous rendre utile, le voici : je pourrais utiliser ce qu’il me reste de mon essence angélique pour siphonner les pouvoirs d’anges. De vrais anges, pas des anges déchus. Je pourrais alors concentrer leur énergie de manière à détruire la portion de l’escalier entre le cinquième et le sixième cercle. Mais voilà la difficulté, il nous faut des anges vivants."

"Fascinant..."

Ninum passa sa langue sur un dent pointue un instant, ses yeux orangés fixant l'ange en considérant ce qu'il venait d'apprendre.

"J'ignorais qu'il existait une sorte de lien entre les anges, mêmes ceux ayant sombré. Cela ne pourrait donc venir du caractère sacré, car vous ne posséderiez pas un tel pouvoir sur vos frères blancs, sinon. Serait-ce votre nature ? On raconte que vous n'êtes ni mâle, ni femelle, vous les ailés... Ce lien pourrait laisser penser à une duplication ou une manipulation magique pour créer des légions d'êtres à l'esprit unique..."

L'archiviste passa sa main sur le kappisaga. Imaginer et formuler des hypothèses, des théories. C'était toujours un jeu amusant à pratiquer. Ninum laissa de côté ses considérations, les laissant se réfugier dans un coin de son esprit. Il fallait discuter de ce nouveau plan.

"Les éclaireurs de la Chasse Sauvage ont des rapports sur certaines de ces créatures survivant dans la Sylve. Avec la confusion due aux chevreaux, nous pourrions presque en capturer, mais la Citadelle ne peut se priver d’aucun guerrier."

"J'imagine que vous connaissez les propriétés de cette puissance angélique par votre être, tout simplement... Mais comment savez-vous que cette magie là ne détruira pas l'escalier dans son intégralité ? Comme vous l'avez dit vous même, l'escalier n'a jamais connu le moindre dégât depuis sa création, ce qui signifie que nous ignorons réellement ce qui pourrait être efficace... Voir trop efficace..."

Ninum respectait le principe de la connaissance empirique. Pour lui, prendre le risque de faire exploser entièrement l'escalier pouvait réellement être considéré, de la même manière qu'il avait été prêt à recruter plusieurs sorciers pour manipuler la magie qu'avait posé Satan. Mais il se demandait simplement comment l'ange déchue pouvait être si sûr d'elle sur ce coup. Peut-être bluffait-elle, ou peut-être cachait-elle bien plus qu'elle ne le laissait croire.

Il eut un autre rictus d'amusement en considérant la dernière phrase de la créature, ainsi que le regard qu'elle leur lança. Oui, c'était possible qu'elle ait tout préparé depuis le début, rejetant toutes les théories pour finalement paraître ne laisser qu'un seul choix. Mais dans quel but ?

"Je n'ai encore jamais chassé d'ange. Et je pense que ces êtres sont parmi les plus expérimentés des guerriers pour pouvoir survivre dans un monde peuplé d'ennemis et des pulsions contraires à leurs êtres. Je suis certes dévoué à l'idée de trouver une solution pour notre problème commun, mais j'aimerais m'assurer qu'il existe un plan à votre proposition, autre que de débusquer un ange et le combattre en espérant le faire flancher."

Il était vrai que Ninum s'était rarement battu, et possédait bien plus de réflexes et bottes défensifs qu'offensifs. Il se voyait donc mal tenir tête à un ange, combattant d'élite d'un ennemi juré.
Une infime partie de lui, cependant, aimerait savoir ce qu'il valait en combat contre un tel être, mais c'était fort à parier pour une petite crise d'égocentrisme.
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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Mar 26 Aoû - 10:20

Ardat soupira. Même si elle avait finalement trouvé un moyen d’utiliser les deux visiteurs impromptus, les commentaires et questions de Ninum commençaient véritablement à l’agacer. Son extase face à la solution était retombée et elle n’était pas vraiment habituée à avoir à justifier chacun de ses actes, et en aucun cas ses plans. Ses sbires lui obéissaient au doigt et à l’œil, sans jamais se poser de question, mais clairement cela ne serait pas le cas pour ce qui était de ce démon à l’aspect bestial. Maintenant si elle devait se répandre sur les différences entre les magies angéliques et démoniaques ce serait un casse-tête hors du commun qui se présenterait à elle.

- Si vous voulez en savoir plus sur la façon dont les anges font usages de leurs pouvoirs en opposition aux démons, allez-y, prenez un bouquin, je suis sûr que de nombreux érudits de la Scholomance se sont intéressé au sujet. Mais une chose que vous devez savoir, c’est que les anges sont extrêmement efficaces pour ce qui est de lutter contre les sortilèges des démons, quels qu’ils soient. Comme s’ils avaient été conçus spécialement pour cela, et croyez-moi, c’est une éventualité. Mais pour résumer et que vous cessiez de douter en mes connaissances, la magie angélique est comme une dague aiguisée lorsqu’il s’agit de se confronter à tout ce qui est d’origine démoniaque, elle peut trancher avec précision, surtout si elle est maniée par quelqu’un qui l’a déjà utilisée par le passé. Mais croyez-moi, je vais souffrir plus que vous ne pouvez l’imaginer en faisant cela. La magie démoniaque elle serait comme une lame tellement émoussée qu’elle en serait une massue, en appuyant fort en un point du sortilège de l’escalier, cela risquerait plus de le fragmenter sur une large portion que de couper nettement. J’espère que vous avez compris cette analogie enfantine, car c’est tout ce que vous aurez comme explication. Je doute que vous ne soyez suffisamment érudit pour le moment pour saisir toutes les subtilités.

Elle soupira, et en profita aussi pour reprendre son souffle après ce discours. Mais avec de la chance, Ninum allait la suivre plus docilement maintenant, au pire elle pourrait toujours utiliser son charme surnaturel pour cela… A voir, son regard se porta sur Pasiphaé qui parcourait différents tomes. Peut-être qu’elle pourrait se révéler utile aussi, Ardat ne la connaissait pas et ignorait tout de ses pouvoirs, mais elle n’était pas l’esclave de Ninum, c’était certain.

- Les anges survivants sont des vétérans et des survivalistes accomplis, surtout dans la Sylve, mais ils sont face à un lieu plus civilisé qu’il en a l’air. Depuis pas mal de temps ils sont coincés entre la Chasse Sauvage et la colonie de Roanoke. Si nous avions des informations sur des colons nous pourrions savoir s’ils ont des informations à propos des anges et les comparer avec les anciens rapports de la Citadelle. Ma connexion avec mes semblables a été extrêmement diminuée par la Chute, je pourrais la rétablir brièvement pour les retrouver, mais dans ce cas là je serais parfaitement inutile, aucun d’entre eux ne me laissera entrer au sein de leur lien télépathique sans m’en faire payer le prix. Pour ce qui est d’affronter un ange, je suppose que vous deux avez des capacités martiales, non ?

Elle s’adressait maintenant clairement à la fois à la damnée et au démon. Ardat était coupée des troupes de la Citadelle par les chevreaux, et le Chasseur était sûrement déjà en route. Elle pouvait attendre que ce dernier tente de briser le siège, mais s’il échouait, elle n’aurait jamais accès aux forces nécessaires pour capturer des anges. Pasiphaé et Ninum constituaient ses meilleures chances pour le moment.
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Pasiphaé

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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Mar 26 Aoû - 12:25

Pasiphaé avait dévoré le contenu de plusieurs livres qui tous, lui ouvrirent des portes jusque là insoupçonnées. Cette bibliothèque était vraiment un précieux endroit et il était louable, pour ne pas dire sain, que de telles ressources soient indépendantes de toute juridiction démoniaque. Satan en avait fait une source de connaissance après l'unification des enfers.

Malheureusement, les races précédentes n'avaient pas fait de même. Ou du moins, les sources disparurent lors des guerres menées par Satan. C'est sur ce constat, que Pasiphaé referma d'un coup sec et ferme l'un des livres qu'elle lisait et le reposa presque religieusement à sa place. Un sourire léger et satisfait s'esquissait sur ses lèvres charnues et gourmandes, lui donnait une moue quasi-angélique.

- Eh bien, eh bien... Il semblerait que nous puissions servir à quelque chose au final, n'est-ce pas?

Pasiphaé s'avança de son pas souple, chaloupé et tellement élégant à la fois, croisant les bras. Son visage revêtit son masque cependant, lorsqu'elle se permit de réagir aux propos d'Ardat :

- Détruire une portion précise de l'escalier est une bonne idée en ce qui concerne le court terme. Mais nous ne pouvons nous en contenter indéfiniment. Cependant, je n'ai aucune envie que les chevreaux montent d'avantage et je me rallie à votre idée. Tous ce que j'ai trouvé dans les ouvrages était fort intéressant mais demande bien plus de temps et de moyens que votre solution. Cela étant dit...

La magicienne passa l'une de ses mains dans ses cheveux, pensant au fait de passer par la colonie de damnés. Cela ne lui plaisait pas plus que cela et surtout, elle n'en voyait pas l'intérêt. Elle en revint au sujet de conversation, délaissant ses pensées :

- Je ne pense pas que les anges soient des êtres sans défense, il faudrait que nous obtenions des runes pour nous prémunir de leur magie, ainsi, nous n'aurions qu'à compter sur leur force martiale. Cela réduirait notre peine de façon considérable. Pour ce qui est des combattants... j'ai mes ressources ou je puis en créer sans grande peine une fois dans la Sylve. Fournissez-moi les runes, je m'occuperais de vos anges. C'est à prendre ou à laisser.

À nouveau, un sourire s'esquissa sur le visage de Pasiphaé. Elle se demandait si la déchue lui fournirait ces menus artefacts contre les anges. Après tout, elle y gagnait au change. Dans son fort intérieur, la magicienne regrettait profondément de ne pouvoir passer plus de temps entre ces murs. Tout ce savoir et ces connaissances à sa portée... Cela était frustrant de se dire qu'elle ne pourrait plus y retourner avant un bon moment.

- Au fait, pourquoi le détour à Roanoke déjà? pour localiser les anges? Le concours de leurs bras pour traquer les anges est hors de propos il me semble..
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Ninum

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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Mar 26 Aoû - 16:37

Ninum écouta l'ange sans un mot. Ne la coupant ou ne prenant même pas la peine de paraître agacé par ses phrases agressives. Il nota mentalement ce qui l'intéressait et délaissa les informations secondaires. Il était intéressant de savoir que l'ange déchue accordait à la magie de son peuple une précision chirurgicale tandis qu'elle parlait des sorts démoniaques comme de la puissance grossière. Ninum se demandait si le professeur Weiss aurait bien pris ce genre de remarque, ou s'il aurait au contraire acquiescé sur ce point. Il était également toujours appréciable d'être sous-estimé, bien qu'un peu vexant. Cela permettait de surprendre et de saisir l'avantage. Ce long discours venimeux ne fit que renforcer son détachement face à l'énonciation de la douleur que la céleste sombre ressentira en utilisant la magie des anges.

À propos des anges justement. L'envoyée de l'archidémon leur exposa un plan possible à ce sujet. Se rendre à la Sylve pour recueillir des informations afin de localiser les ailes blanches. Sur ce point, Ninum n'eut rien à redire, mais visiblement l'ange déchue comptait bien les envoyer se battre contre ses anciens frères et sœurs pour espérer triompher et en capturer un vivant. Le défi pouvait s'avérer mortel.

Le démon tourna la tête lorsque Pasiphaé sortit enfin de son isolement pour se joindre à eux. Elle-même semblait penser que détruire une partie de l'escalier n'était qu'une solution à court terme, bien qu'elle comprenait l'urgence de la situation et optait donc pour la proposition de l'ange. Elle mentionna quelques ouvrages et Ninum fut à deux doigts de l'interrompre pour en savoir plus. Il se retint et jeta un œil à l'étagère qu'elle avait fréquenté. Une partie de lui regretta de ne pas s'être isolé pour dévorer les ouvrages les uns après les autres... Mais ne pas le faire aujourd'hui pour combattre les abyssaux, c'était se donner les moyens de revenir ici demain.

Lorsque Pasiphaé mentionna les runes, Ninum fut intrigué mais heureux qu'elle prévoit une solution pour augmenter leurs chances de succès. Il ignorait tout de ces runes, mais cela était bon à savoir, si pareil artefact existait. Apparemment l'antique reine semblait même sous-entendre qu'elle pourrait s'occuper de tous les anges elle-même... Ou du moins avec l'aide de ses alliés. Le démon repensa à la combattante restée au-dehors en compagnie de la manticore, s'il en existait d'autres, cela pourrait se faire.

Une petite partie de lui, bien enfouit dans son esprit, bouillonnait cependant d'une colère sourde. Cette colère était alimenté par les vexations qu'il ressentait de manière infime. Ninum était un démon, fier et possédant une certaine estime de lui-même. De ce fait, il n'appréciait jamais particulièrement être traité en inférieur, bien qu'il comprenne que ce principe de maître et esclave était la règle d'or des enfers. De plus, il commençait à se rendre compte que les deux êtres à ses côtés en savaient bien plus que lui sur le problème actuel. Ce qui indiquait une supériorité et donc une domination potentielle. Cette partie de l'esprit du démon soufflait donc sur les braises de la jalousie. Lui aussi, avec un peu de temps en-dehors d'Ys, aurait pu emmagasiner des connaissances à même de les aider. Lui aussi aurait pu répondre dédaigneusement ou proposer avec assurance son aide. Seulement voilà, il avait encore à apprendre...

Ravalant sa fierté et repoussant ce sentiment haineux, Ninum décida de se prononcer également, ne faisant aucune référence à ce que l'ange venait de lui dire.

"Avec une aide comme ces fameuses runes, je devrais posséder plus de chances contre un ange, mais ne me méprenez pas pour un démon-guerrier. Je suis cependant prêt à vous suivre jusqu'à la Sylve pour tenter de localiser les anges et mettre en place cette solution contre les chevreaux."
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Perséphone

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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Mar 26 Aoû - 18:30


Ardat laissa Pasiphaé s’approcher et les rejoindre. Elle en profita pour détailler quelque peu la damnée en question. Tranchant avec l’aspect bestial de Ninum, elle était bien humaine, et pourtant quelque chose dans sa démarche et sa façon de se conduire révélait autre chose. Qui que soit cette damnée, Ardat devrait assurément s’en méfier. Le démon pouvait faire un allié sûrement fiable et elle avait compris qu’il possédait une soif de connaissance sans pareille, mais ce qui motivait Pasiphaé à affronter les abyssaux était sûrement plus que son simple devoir d’habitante des enfers.

- Les anges ne sont pas des proies faciles. Surtout ceux qui se trouvent dans la Sylve Cauchemardesques. Ils y sont depuis plusieurs années maintenant, et ni la colonie de Roanoke, ni la Chasse n’ont réussi à trouver leur campement principal et à les massacrer une bonne fois pour toute. Pour s’être enfoncés si profondément en enfer et pour y être resté, ce ne sont pas des guerriers faibles qui plus est… C’est pour cela que nous devons trouver un groupe isolé de manière à réussir à les dominer et à en capturer le plus possible.

Apparemment la damnée possédait la puissance nécessaire pour la tâche. Ninum n’avait quant à lui que ses bras, mais c’était déjà cela. Mais ce qui intrigua l’ange déchue furent les runes dont elle parlait. Il lui fallut d’ailleurs plusieurs secondes avant de réaliser ce de quoi elle parlait… Ces runes n’étaient pas des inscriptions que l’on pouvait appliquer n’importe où pour se protéger de la magie angélique, sinon il était certain que l’escalier en serait bardé. Non, ces runes étaient associées aux armures que portaient Agamand et les guerriers de la Chasse Sauvage. Ces armures avaient fait fondre leurs chairs et elles étaient devenues des extensions de leurs êtres, de cette manière, elles se nourrissaient de leur sang pour les protéger de la plupart des sortilèges.

- Même si je connaissais ces runes elles ne seraient d’aucune utilité à moins que vous ne possédiez une armure forgée dans le Brasier et le forgeron adéquat. Alors peut-être au prix de votre beauté vous auriez pu être protégée des assauts angéliques, et encore… Ce que vous demandez est tout simplement impossible, seul mon maître connaît quels forgerons sont capables de forger de telles choses et nous n’avons clairement pas le temps pour ça, même si Ninum acceptait de recevoir une telle création.

Ardat afficha une nouvelle fois son sourire moqueur, mais elle était quelque peu énervée elle aussi. Une poignée de guerriers de la Chasse Sauvage auraient considérablement facilité leur mission. Seulement tenter de retourner à la Citadelle alors que les chevreaux l’assiégeait et que le résultat de l’assaut du Chasseur était encore incertain était hors de question. Il ne leur restait plus qu’à affiner leur plan.

- Je ne peux vous donner ce que vous voulez, peut-être que mon maître pourra vous récompenser si nous réussissons, mais rien n’est certain. Maintenant, désirez-vous quand même nous aider à récupérer ces anges ? Il y a peut-être un dernier moyen de les localiser, mais cela sera risqué aussi. Je peux tenter de réanimer le lien que j’ai avec eux pour les localiser, mais dans ce cas le contrecoup me rendrait incapable de vous aider je pense, et cela pourrait aussi attirer les anges. Il y a aussi une probabilité certaine que je n’y survive pas ou que je perde la raison.

Ils avaient besoin d’elle pour détruire l’escalier, du coup ils chercheraient à la protéger, mais restait à savoir si sans elle ils arriveraient à vaincre les anges.

- Si nous devons faire au plus vite, je suis prête à prendre le risque, mais est-ce que vous l’êtes ? Peut-être qu’une fois dans la forêt nous trouverons un autre moyen de les localiser, mais c’est ce que j’ai de mieux à proposer pour le moment.
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Pasiphaé

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MessageSujet: Re: Des érudits, les connaissances fusent.   Mer 27 Aoû - 9:51

- Je ne peux vous donner ce que vous voulez, peut-être que mon maître pourra vous récompenser si nous réussissons, mais rien n’est certain. Maintenant, désirez-vous quand même nous aider à récupérer ces anges ?

Pasiphaé eut un haussement de sourcil et un petite expression faussement modeste :

- J'aurai essayé... Allons chercher vos anges, bien que la tâche devienne bien plus ardue.

La magicienne regarda le démon en faisant un haussement d'épaules, l'air de dire : "n'est-ce pas?" La déchue les envoyait tout de même au casse-pipe. Attraper quelques anges rodés à la survie, ce n'était vraiment pas évident comme tâche. Seuls des imbéciles y seraient allés sans garantie.

- Il y a peut-être un dernier moyen de les localiser, mais cela sera risqué aussi.

- Pour qui?

- Je peux tenter de réanimer le lien que j’ai avec eux pour les localiser, mais dans ce cas le contrecoup me rendrait incapable de vous aider je pense, et cela pourrait aussi attirer les anges. Il y a aussi une probabilité certaine que je n’y survive pas ou que je perde la raison.

En entendant cela, Pasiphaé ne pût s'empêcher de se dire qu'il y avait beaucoup trop d'inconnus dans cette histoire. S'ils s'étaient lancés seuls, les évènements leur auraient fait face au fur et à mesure, et les contre-coups auraient été négocié au fur et à mesure. Dit ainsi, cela avait de quoi rebuter.

- Si nous devons faire au plus vite, je suis prête à prendre le risque, mais est-ce que vous l’êtes ? Peut-être qu’une fois dans la forêt nous trouverons un autre moyen de les localiser, mais c’est ce que j’ai de mieux à proposer pour le moment.

La femme soupira, c'était trop risqué à son goût. Si la déchue était hors course, ce n'était ni elle, ni le démon qui pourrait utiliser la magie angélique pour casser un tronçon de l'escalier. Cette solution, s'ils la prenaient, ne devait l'être qu'en dernier recours.

- Tentons d'obtenir des informations des colons et de trouver les anges par des moyens classiques. Votre histoire de détection... ce sera le cas échéant. L'idéal est de vous conserver la plus à même d'effectuer l'acte de destruction de l'escalier. Si vous vous dispersez trop, nous y perdrons beaucoup et nous repartirons de zéro. Et franchement, cela va vite devenir agaçant.

La magicienne se tourna vers le démon pour lui demander son opinion :

- Qu'en pensez-vous Ninum? Une autre idée à nous soumettre?
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